Kids interview Baldr
by Charactorium · Baldr · Mythology · 5 min read

Ce matin-là, deux jeunes visiteurs de douze ans quittent leur classe découverte pour un lieu de lumière. Devant eux se tient Baldr, le dieu qui brille, entouré d'une clarté douce. Il se penche vers eux et sourit, heureux qu'on vienne encore l'écouter.
—Bonjour ! On nous a dit que vous brillez. C'est vrai, ça, pour de vrai ?
Oui, mon enfant, c'est vrai. Une lumière sort de moi comme d'une braise douce. Dans le vieux livre qu'on appelle l'Edda, on dit de moi que je suis le meilleur, et qu'une clarté rayonne de ma personne. J'habite une salle nommée Breiðablik, tout en haut, chez les dieux. Imagine une maison aux murs d'argent et au toit d'or, où rien de sale, rien de menteur ne peut entrer. C'est comme une eau si claire qu'on voit le fond. Je porte des habits blancs brodés d'argent, et je rends la justice le matin, avec douceur.
Chez moi, rien de sale, rien de menteur ne peut entrer.
—Vous faisiez quoi de vos journées, alors ? Vous vous ennuyiez pas là-haut ?
Oh non, jamais ! Le matin, j'écoute les plaintes des dieux et je juge avec calme. L'après-midi, je marche dans les prés du ciel, ce qu'on appelle Asgard, le pays des dieux. Le soir, on festoie tous ensemble. On boit l'hydromel — c'est une bière faite avec du miel — et on mange le sanglier sacré qui repousse chaque nuit. Imagine une grande table où la nourriture ne finit jamais. Autour de moi, tout est paisible. Les autres dieux m'aiment bien, tu sais. Ils disent que là où je passe, la colère s'apaise. J'étais un dieu heureux.
—Mais on a lu que vous faisiez des cauchemars horribles. C'était quoi ?
Tu as bien lu, mon enfant. La nuit, des rêves lourds venaient me visiter. Des rêves noirs, qui parlaient de ma mort. Le soir, au banquet, je devenais silencieux, et cela troublait la fête. Un poème très ancien raconte cela : on l'appelle Baldrs draumar, « Les rêves de Baldr ». Imagine que tu te réveilles chaque matin avec le cœur serré, sans savoir pourquoi. Les dieux s'inquiétaient. Un père ne supporte pas de voir son fils tourmenté. Alors mon père Odin décida d'aller chercher la vérité, très loin, chez les morts.
Des rêves noirs venaient me visiter, et ils parlaient de ma mort.
—Comment votre papa Odin a fait pour savoir la vérité ?
Il a fait une chose grave, mon enfant. Il est descendu vers le royaume des morts, et là, il a réveillé une völva. Une völva, c'est une devineresse, une femme qui lit l'avenir grâce à une magie qu'on nomme le seiðr. Mais celle-là était déjà morte ! Odin l'a forcée à parler depuis sa tombe. Imagine une vieille voix qui remonte de la terre, à contrecœur. Elle lui a dit la triste vérité : oui, Baldr allait mourir. Mon père est reparti le cœur lourd. Il savait, maintenant. Mais savoir ne suffit pas toujours à empêcher le destin.
—Et votre maman, elle a rien fait pour vous protéger ?
Oh si, elle a tout fait ! Ma mère Frigg m'aimait tant. Elle a parcouru le monde entier, tu imagines ? Elle a demandé à chaque chose de jurer de ne jamais me blesser. Le feu, l'eau, le fer, les pierres, les bêtes, les arbres… tous ont promis. Mais elle a oublié une petite plante : le gui. Elle l'a trouvé trop jeune, trop tendre pour lui faire prêter serment. Un si petit détail, mon enfant ! C'est comme laisser une seule porte ouverte dans un grand château. Et c'est par cette porte-là que le malheur allait entrer.
Un seul oubli, une seule porte ouverte, et le malheur entre.

—Attendez, on a lu que les dieux vous lançaient des armes pour rigoler ?!
Ha ! Oui, c'est vrai, et c'était un beau jeu. Puisque tout avait juré de m'épargner, plus rien ne pouvait me faire mal. Alors les dieux s'amusaient : ils me lançaient des lances, des épées, des pierres… et tout ricochait sur moi ! Imagine que tu es fait de lumière, et que les cailloux te traversent sans te toucher. On riait beaucoup à Asgard. C'était devenu leur distraction préférée. Moi, je me tenais au milieu, tranquille, pendant que les coups pleuvaient sans me blesser. Nous étions insouciants, tu vois. Nous ne savions pas qu'une seule petite plante manquait à l'appel.
—Alors comment vous êtes mort, si rien pouvait vous toucher ?
Par la ruse, mon enfant. Il y avait Loki, un dieu malin et mauvais. Il s'est déguisé en vieille femme pour tromper ma mère, et il a découvert le secret du gui. Alors il a taillé une petite flèche dans cette plante. Puis il est allé voir Höðr, mon frère, un dieu aveugle qui restait à l'écart du jeu. Loki a mis la flèche dans sa main et a guidé son bras. Imagine : Höðr croyait juste s'amuser comme les autres. La flèche a volé… et je suis tombé. Tout Asgard a pleuré. La lumière venait de s'éteindre.
La plus tendre des plantes est devenue la plus cruelle des flèches.
—C'est trop triste ! Personne a essayé de vous ramener ?
Si ! Et cela m'a beaucoup touché. Un dieu courageux, Hermóðr, est monté sur Sleipnir, le cheval de mon père qui a huit pattes. Huit, oui ! Le seul cheval capable de galoper entre les mondes. Il a chevauché neuf jours et neuf nuits, dans des vallées noires, jusqu'au royaume des morts. Il a même franchi un pont d'or, le Gjallarbrú, gardé par une géante. Là-bas régnait Hel, la déesse des morts. Hermóðr l'a suppliée de me libérer. Imagine ce long voyage dans le froid, juste pour un ami. Hel a fini par accepter… mais elle a posé une condition.
—C'était quoi, la condition ? Vous avez pu revenir ?
La condition était douce, mais terrible. Hel a dit : si toute chose au monde pleure Baldr, alors il reviendra. Alors tout s'est mis à pleurer ! Les hommes, les bêtes, les arbres, et même les pierres froides versaient des larmes pour moi. Mais une géante, assise dans une grotte, a refusé. Elle s'appelait Þökk. Elle a dit qu'elle ne me devait rien. Et tu sais qui c'était, sous ce déguisement ? Encore Loki. À cause d'une seule créature qui n'a pas pleuré, je suis resté chez les morts. J'ai quand même renvoyé à mon père son anneau, Draupnir, en souvenir.
Tout le monde a pleuré pour moi — sauf un cœur de pierre.
—Mais du coup, vous êtes un gentil dieu ou un guerrier ? On a lu les deux !
Ah, tu as l'œil ! On raconte deux Baldr, c'est vrai. Le premier, celui que je te dis, vient de Snorri Sturluson, un savant d'Islande qui a écrit vers 1220. Chez lui, je suis le dieu doux, plein de bonté. Mais un autre homme, Saxo Grammaticus, a écrit vers 1200 dans un pays qu'on appelle le Danemark. Chez lui, je suis Balderus, un prince guerrier qui se bat pour l'amour d'une femme, Nanna ! Imagine deux personnes qui racontent le même rêve, mais chacune à sa façon. Les histoires voyagent, tu sais. Et en voyageant, elles changent un peu de visage.
—Et un jour, vous reviendrez pour de bon ? Ça finit comment ?
Oui, mon enfant, et c'est ma plus belle promesse. Le vieux poème Völuspá le dit : il y aura une grande fin du monde, le Ragnarök. Ce mot veut dire « le destin des dieux ». Ce jour-là, les dieux et les géants se battront, et beaucoup mourront. Mais après la nuit vient toujours l'aube. Un monde neuf, vert et propre, renaîtra des cendres. Et moi, je reviendrai des morts pour y régner en paix. Imagine un champ brûlé où repoussent des fleurs. Voilà pourquoi je souris malgré ma triste histoire : ma mort n'est pas la fin. Elle est une promesse.
Ma mort n'est pas la fin : elle est une promesse de recommencement.
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This imaginary interview was generated by artificial intelligence from sources documented in Baldr's profile. It dramatises what the figure might have said based on what we know about them, but does not constitute attested historical testimony. For primary sources and factual documentation, refer to the full profile.

