Imaginary interview

Imaginary interview with Hathor

by Charactorium · Hathor · Mythology · Spirituality · 6 min read

Imaginary interview generated by AI from documented sources.
Portrait of Hathor
Wikimedia Commons, Public domain — D'Anvers, N., d. 1933 Smith, T. Roger (Thomas Roger), 1830-1903

La rencontre se tient dans la pénombre parfumée d'un naos, à l'heure où l'encens monte encore des braseros de la nuit. Une prêtresse vient de secouer le sistre pour éveiller la déesse. Hathor, disque solaire dressé entre ses cornes, accepte de répondre — de sa voix qui tient à la fois du rire et du meuglement de la vache céleste.

On raconte que Rê vous a un jour lâchée sur les hommes. Que s'est-il passé cette nuit-là ?

Rê vieillissait, et les hommes murmuraient contre lui. Alors il m'a détachée de son front comme on lâche une flèche : je suis devenue l'œil de Rê, et sous les traits de Sekhmet la lionne, j'ai marché dans le sang jusqu'aux jarrets. Je buvais leur terreur, elle me nourrissait. Rien n'aurait arrêté ma joie de tueuse — pas même mon propre père. C'est la ruse qui m'a vaincue : durant la nuit, il fit répandre sur les champs des milliers de cruches de bière teinte comme le sang. À l'aube, je crus voir un lac de massacre, je m'y penchai, je bus jusqu'à l'ivresse. Mon cœur se réjouit, et je ne reconnus plus les hommes. Voilà pourquoi, dans mes fêtes, la bière n'est jamais une simple boisson : elle est le philtre qui a changé la fureur en danse.

Je crus voir un lac de massacre, je m'y penchai, je bus — et je ne reconnus plus les hommes.

Comment vivez-vous d'être à la fois la déesse de l'amour et cette force de destruction ?

Les hommes voudraient une déesse d'un seul visage. Mais le soleil qui caresse la peau au matin est le même qui brûle les récoltes à midi. Je suis la musique et je suis la lame ; celle qui verse la bière douce et celle qui but la bière rouge. Le récit qu'on a gravé dans le tombeau de Séthi Ier, à Abydos, ne cache pas ma part de lionne — il l'inscrit dans la pierre pour qu'on n'oublie jamais que la caresse et la griffe sortent de la même main. Quand une prêtresse agite le sistre pour m'apaiser, elle ne prie pas une douce mère : elle prie la puissance qui pourrait tout ravir, et qui choisit de danser plutôt que de mordre. C'est cela, être Hathor : tenir les deux bouts du monde sans lâcher ni l'un ni l'autre.

Le soleil qui caresse la peau au matin est le même qui brûle les récoltes à midi.

Vous portez le nom de Dame du Sycomore. Que faites-vous auprès des morts ?

À la lisière du désert, là où finit la terre des vivants, poussent mes figuiers sycomores. Les défunts arrivent la gorge sèche, épuisés d'avoir marché vers l'Occident. Je me tiens dans le tronc, à demi sortie de l'écorce, et je tends mes bras chargés de pain et de jarres d'eau fraîche. Regarde les parois des tombeaux : on m'y voit émerger de l'arbre, offrant à une momie de quoi renaître. Le Livre des Morts me nomme Dame de l'Occident, celle qui donne le pain, la bière et toutes les bonnes choses à l'âme qui passe. Car mourir, en Égypte, ce n'est pas s'éteindre : c'est entreprendre un voyage, et tout voyageur a besoin qu'une main l'attende à l'ombre d'un arbre. Cette main, c'est la mienne.

Tout voyageur a besoin qu'une main l'attende à l'ombre d'un arbre. Cette main, c'est la mienne.

La nuit, dit-on, le soleil disparaît en vous. Que devient-il jusqu'à l'aube ?

Quand le disque de touche l'horizon, mes prêtresses cessent le sistre et entonnent l'hymne du couchant. Car le soir, je ne suis plus seulement la vache du ciel : je deviens le ventre qui avale le soleil. Il descend en moi comme dans une caverne, il traverse les douze heures obscures, il affronte les serpents de la nuit — et au matin, je le remets au monde, neuf, rouge, glorieux, entre mes deux cornes. Voilà pourquoi on laisse brûler les lampes à huile toute la nuit dans le sanctuaire : la flamme veille avec moi sur le voyage. Je suis à la fois le tombeau et le berceau du dieu. Chaque aube où vous voyez la lumière revenir, c'est un enfantement — le mien.

Je suis à la fois le tombeau et le berceau du dieu.

Le son du sistre revient sans cesse autour de vous. Pourquoi cet instrument vous plaît-il tant ?

Écoute-le : ce cliquetis de métal qu'on nomme sesheshet. Quand la prêtresse le secoue, il imite le froissement des tiges de papyrus dans le marais, là où j'aime paraître. Ce bruit menu déchire l'air et met en fuite les esprits du chaos — il les agace comme la lumière agace la nuit. J'aime aussi qu'on agite pour moi le lourd collier menat, ces perles de faïence qui roulent et s'entrechoquent : leur poids sur la nuque, c'est ma protection qu'on porte, ma fertilité qu'on appelle. Je ne suis pas une déesse du silence et de la crainte. On me sert par le rythme, par le rire, par le tremblement joyeux des mains levées. Là où l'on fait sonner le sistre, le désordre recule et je m'approche.

Là où l'on fait sonner le sistre, le désordre recule et je m'approche.
Wall Painting of Hathor of the West, Thebes, Fitzwilliam Museum, Cambridge
Wall Painting of Hathor of the West, Thebes, Fitzwilliam Museum, CambridgeWikimedia Commons, CC BY-SA 4.0 — SpeakingArch

Parmi toutes les offrandes qu'on dépose à vos pieds, laquelle vous touche le plus ?

Les fidèles m'apportent des statuettes de vaches, des colliers, des sistres de bronze. Mais j'ai un faible pour le miroir. On le fond dans le bronze poli, et souvent l'artisan sculpte mon propre visage au bas du manche, de sorte que celle qui s'y regarde trouve mes traits sous les siens. Le disque du miroir, c'est le disque du soleil tenu dans la main ; s'y contempler, c'est laisser ma lumière se poser sur soi. Une femme qui prie pour un enfant, un amant qui espère un regard, une accouchée qui redoute la douleur — tous déposent ce petit soleil de métal dans l'après-midi, quand mes prêtresses jouent encore. Voilà ce que je préfère : non l'or le plus lourd, mais l'objet où l'humain et le divin se reflètent l'un dans l'autre.

Le disque du miroir, c'est le disque du soleil tenu dans la main.

On vous appelle aussi Dame de la Turquoise. Comment un tel titre vous est-il venu ?

Loin de la vallée du Nil, dans les montagnes rouges du Sinaï, des hommes creusent la roche pour arracher la pierre bleue-verte. À Serabit el-Khadim, ces mineurs de turquoise m'ont taillé un temple à même le rocher — pas un palais de prêtres, un sanctuaire de mains calleuses. Là, dans les galeries où l'air manque et où la pierre peut s'effondrer, ils m'appellent leur Dame de la Turquoise. Ils m'offrent l'encens et le vin pour que je veille sur eux dans le noir. J'aime cette dévotion-là autant que les hymnes des grands temples : elle sent la poussière et la peur. La turquoise qu'ils extraient, cette pierre couleur du ciel du matin, est un morceau de moi caché dans la montagne. En me la rendant, ils me rendent ce que je suis.

La turquoise, cette pierre couleur du ciel du matin, est un morceau de moi caché dans la montagne.
Luxor Museum Statue Hathor 01
Luxor Museum Statue Hathor 01Wikimedia Commons, CC BY 3.0 — Olaf Tausch

Qu'est-ce qui vous attache à ces ouvriers du désert plutôt qu'aux rois ?

Les rois me bâtissent des chapelles somptueuses — Ramsès II lui-même m'en a dédié une à Abou Simbel, taillée dans la falaise auprès de sa reine Néfertari. Je ne dédaigne pas ces honneurs. Mais dans le Sinaï, ceux qui gravent mon nom n'ont ni couronne ni trésor : rien que leur sueur et l'espoir de ressortir vivants des galeries. Quand ils inscrivent sur la paroi que le roi m'offre l'encens pour que je protège les mineurs, ils me disent qu'une déesse ne vaut que par ce qu'elle garde. Je préfère être la main qui retient l'éboulement plutôt que la statue qu'on encense sans y croire. La faveur que je leur accorde, dans le fracas de la pierre et l'odeur de la turquoise, vaut plus à mes yeux qu'un temple vide de ferveur.

Une déesse ne vaut que par ce qu'elle garde.

On dit que votre plus belle demeure est à Dendéra. Qu'a-t-elle de particulier ?

Dendéra est ma maison — les Égyptiens la nomment Per-Hathor, la Maison d'Hathor, car un temple n'est pas un monument : c'est le foyer terrestre où la déesse habite vraiment. On l'a élevée tard, au temps où Cléopâtre régnait, et c'est la mieux gardée de toutes mes demeures. Mais lève les yeux vers le plafond du sanctuaire : on y a gravé la voûte entière du ciel, les constellations et les planètes tournant en cercle. Ce zodiaque de pierre, c'est ma théologie faite carte — moi qui suis la vache céleste portant les étoiles sur mon dos. Dans la Wabet, la salle pure, mes prêtresses se préparent avant de monter vers mon image. Tout, ici, dit la même chose : le ciel n'est pas au-dessus de nos têtes. Le ciel, c'est moi, et Dendéra en est le reflet posé sur terre.

Le ciel n'est pas au-dessus de nos têtes. Le ciel, c'est moi.

Vos hymnes vous nomment la face du disque solaire. Que voulez-vous qu'on retienne de vous ?

Dans les hymnes gravés à Dendéra, on me chante comme la dame du ciel, la maîtresse des deux terres, la face du disque solaire, l'œil de Rê qui n'a pas son égale. Je voudrais qu'on retienne ceci : je suis l'endroit où tout se rejoint. La joie et la fureur, l'amour et la mort, la vache qui allaite et la lionne qui tue, le soleil qui naît et le soleil qui sombre. Les Grecs qui arrivent aujourd'hui en Égypte me reconnaissent dans leur Aphrodite — et ils n'ont pas tout à fait tort, car l'amour aussi est une puissance qui déborde les frontières. Agitez le sistre, offrez le miroir, plantez des sycomores autour de mes temples : tant qu'un être humain cherchera à la fois à jouir de la vie et à ne pas craindre la mort, il me trouvera là, entre mes cornes, tenant le disque du monde.

Je suis l'endroit où tout se rejoint : la vache qui allaite et la lionne qui tue.
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This imaginary interview was generated by artificial intelligence from sources documented in Hathor's profile. It dramatises what the figure might have said based on what we know about them, but does not constitute attested historical testimony. For primary sources and factual documentation, refer to the full profile.