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Foutou de banane à la sauce graine
Pourquoi ce plat ? Quand un proche revient au pays ou qu'un hôte de marque s'annonce, la Côte d'Ivoire sort le foutou et la sauce graine, tirée de la noix de palme. Pour Kourouma, écrivain longtemps exilé puis revenu à Abidjan, ce plat de retrouvailles incarne la table festive de son pays.
Une pâte souple de banane plantain (et un peu d'igname) pilée au mortier, plongée dans une sauce rouge profonde à la pulpe de noix de palme, relevée de gingembre, de piment et parfumée au poisson ou à la viande. Un plat de fête, riche et spectaculaire.
Quand un fils revient au village après une longue absence, ou qu'un étranger pousse la porte de la cour, on ne lui jette pas n'importe quoi dans le plat — non ! On pile la banane jusqu'à ce qu'elle devienne douce comme une parole d'accueil, et on tire de la noix de palme cette sauce rouge qui a la couleur du soleil couchant sur la savane. Le pilon frappe, frappe, et tout le quartier sait qu'il y a fête. Mange avec la main, prends une boulette, trempe-la bien : un homme rassasié est un homme qui écoute, et après seulement viendra la longue palabre.
- •Banane plantain mûre — plusieurs régimes (socle du foutou)
- •Igname — quelques tubercules (liant du foutou)
- •Noix de palme — un grand panier (base de la sauce graine)
- •Poisson fumé ou viande — à volonté (garniture)
- •Gingembre, piment, oignon — au goût (assaisonnement)
- •Aubergine africaine et gombo — une poignée (légumes de la sauce)
Foutou de banane à la sauce graine
Une pâte souple de banane plantain (et un peu d'igname) pilée au mortier, plongée dans une sauce rouge profonde à la pulpe de noix de palme, relevée de gingembre, de piment et parfumée au poisson ou à la viande. Un plat de fête, riche et spectaculaire.
Pourquoi ce plat ? Quand un proche revient au pays ou qu'un hôte de marque s'annonce, la Côte d'Ivoire sort le foutou et la sauce graine, tirée de la noix de palme. Pour Kourouma, écrivain longtemps exilé puis revenu à Abidjan, ce plat de retrouvailles incarne la table festive de son pays.
Quand un fils revient au village après une longue absence, ou qu'un étranger pousse la porte de la cour, on ne lui jette pas n'importe quoi dans le plat — non ! On pile la banane jusqu'à ce qu'elle devienne douce comme une parole d'accueil, et on tire de la noix de palme cette sauce rouge qui a la couleur du soleil couchant sur la savane. Le pilon frappe, frappe, et tout le quartier sait qu'il y a fête. Mange avec la main, prends une boulette, trempe-la bien : un homme rassasié est un homme qui écoute, et après seulement viendra la longue palabre.
Ingrédients (version d’époque)
- Banane plantain mûre — plusieurs régimes (socle du foutou)
- Igname — quelques tubercules (liant du foutou)
- Noix de palme — un grand panier (base de la sauce graine)
- Poisson fumé ou viande — à volonté (garniture)
- Gingembre, piment, oignon — au goût (assaisonnement)
- Aubergine africaine et gombo — une poignée (légumes de la sauce)
Ingrédients
- Banane plantain bien mûre — 4 (socle du foutou)
- Igname — 300 g (liant du foutou)
- Crème (pulpe) de noix de palme en conserve — 800 g (base de la sauce graine)
- Poisson fumé + viande de bœuf — 500 g au total (garniture)
- Gombos — 150 g (légume)
- Aubergines africaines (ou aubergine classique) — 2 (légume)
- Oignon, ail, gingembre, piment, 1 cube — au goût (assaisonnement)
Préparation
- Faire bouillir banane plantain et igname épluchées jusqu'à tendreté, puis les piler ensemble (ou les écraser au presse-purée) en une pâte lisse et souple : c'est le foutou.
- Délayer la crème de noix de palme dans de l'eau et porter à frémissement.
- Ajouter viande, poisson fumé, oignon, gingembre, piment et le cube ; laisser mijoter 30 minutes.
- Incorporer aubergines et gombos, poursuivre 15 minutes jusqu'à ce que l'huile remonte à la surface.
- Former des boulettes de foutou et les servir dans un creux d'assiette, sauce graine versée généreusement autour.
Comment on faisait : Traditionnellement, la sauce graine demande de faire bouillir les noix de palme fraîches puis de les piler au mortier pour en extraire la pulpe, qu'on presse et filtre — un travail long et physique. Le foutou se pile à deux : une personne frappe au pilon, l'autre retourne la pâte d'une main agile, au rythme régulier qui annonce le festin.
Le twist contemporain : Dresser une quenelle de foutou nappée d'un trait de sauce et d'un gombo lustré — la fête du Nord ivoirien revisitée façon table d'honneur.
Ahmadou Kourouma · Charactorium





