Féroce d'avocat
Écrasé d'avocat lié à la farine de manioc, mêlé de morue grillée émiettée et d'un piment franc. Dense, nourrissant et brûlant — d'où son nom de « féroce ».
Écrasé d'avocat lié à la farine de manioc, mêlé de morue grillée émiettée et d'un piment franc. Dense, nourrissant et brûlant — d'où son nom de « féroce ».
On l'appelle féroce, et ce n'est pas pour rien : il te mord la langue ! C'est le manger des jours sans façon. Tu prends l'avocat bien mûr du jardin, tu l'écrases avec la morue grillée que tu as toujours en réserve, et tu lies le tout de farine de manioc — cette farine de nos aïeux qui ne pourrit jamais. Le piment, tu le mets selon ton courage. Moi je te le dis : un bon féroce, ça réveille l'homme mieux qu'un discours.
- •Avocat bien mûr — deux (base onctueuse)
- •Morue grillée — un morceau (sel et umami)
- •Farine de manioc — ce qu'il faut pour lier (liant et tenue)
- •Citron vert — un (acidité)
- •Piment-pays — selon le courage (feu)
Féroce d'avocat
Écrasé d'avocat lié à la farine de manioc, mêlé de morue grillée émiettée et d'un piment franc. Dense, nourrissant et brûlant — d'où son nom de « féroce ».
Pourquoi ce plat ? Le féroce d'avocat figure parmi les plats connus de Césaire. C'est un en-cas de débrouille bâti autour de deux produits qui se gardent : la morue salée et la farine de manioc — l'astuce des familles martiniquaises pour manger bon avec ce qui se conserve sous les tropiques.
On l'appelle féroce, et ce n'est pas pour rien : il te mord la langue ! C'est le manger des jours sans façon. Tu prends l'avocat bien mûr du jardin, tu l'écrases avec la morue grillée que tu as toujours en réserve, et tu lies le tout de farine de manioc — cette farine de nos aïeux qui ne pourrit jamais. Le piment, tu le mets selon ton courage. Moi je te le dis : un bon féroce, ça réveille l'homme mieux qu'un discours.
Ingrédients (version d’époque)
- Avocat bien mûr — deux (base onctueuse)
- Morue grillée — un morceau (sel et umami)
- Farine de manioc — ce qu'il faut pour lier (liant et tenue)
- Citron vert — un (acidité)
- Piment-pays — selon le courage (feu)
Ingrédients
- Avocats mûrs — 2 (base onctueuse)
- Morue salée dessalée et grillée — 150 g (sel et umami)
- Farine de manioc — 4 à 6 c. à soupe (liant)
- Citron vert — 1 (acidité)
- Piment antillais — 1/4, haché (feu)
- Cive et ail — 1 brin + 1 gousse (parfum)
- Huile — 1 c. à soupe (liant)
Préparation
- Dessaler et griller la morue, l'émietter finement.
- Écraser la chair d'avocat à la fourchette avec le jus de citron vert.
- Incorporer la morue, la cive, l'ail et le piment hachés.
- Ajouter la farine de manioc cuillerée par cuillerée jusqu'à obtenir une pâte ferme.
- Façonner en quenelles ou en boules et servir frais.
Comment on faisait : La farine de manioc (couac), héritée des Amérindiens et longtemps aliment de survie des populations asservies, se conservait des mois. Associée à la morue salée importée, elle permettait un plat complet sans cuisson ni fraîcheur — une cuisine de la débrouille devenue patrimoine.
Le twist contemporain : Servir en quenelles sur une demi-coque d'avocat, parsemées de cive ciselée.
Aimé Césaire · Charactorium