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Frita (tchoutchouka pied-noir)
Pourquoi ce plat ? Plat de pauvres par excellence, la frita mijotait sur le réchaud des cuisines de Belcourt où Camus grandit auprès de sa mère silencieuse et de sa grand-mère. Quelques poivrons, des tomates, un œuf cassé dessus quand il y en avait : c'est la nourriture de l'enfance qu'il évoque dans Le Premier Homme.
Une compotée fondante de poivrons et de tomates longuement cuits à l'huile d'olive, parfois couronnée d'œufs pochés dans la sauce. On la mange tiède, en saçant le pain dans le plat, sans façon.
Chez nous, à Belcourt, on n'avait presque rien, et c'est peut-être pour ça que je me souviens si bien de cette odeur d'huile chaude et de poivrons sur le feu. Ma mère laissait fondre tout ça des heures, à petit bruit, pendant que le soleil tapait sur la cour. Quand un œuf venait dormir dans la sauce rouge, c'était déjà la fête. Prends du pain, le vrai, et passe-le dans le plat jusqu'à ce qu'il brille : tu tiens là toute ma Méditerranée, la pauvreté et la lumière ensemble.
- •Poivrons verts — une bonne poignée (base fondante)
- •Tomates mûres — autant que de poivrons (liant acidulé)
- •Ail — quelques gousses (parfum)
- •Huile d'olive — généreuse (matière grasse, signature)
- •Œufs — selon ce qu'on a (garniture des bons jours)
Frita (tchoutchouka pied-noir)
Une compotée fondante de poivrons et de tomates longuement cuits à l'huile d'olive, parfois couronnée d'œufs pochés dans la sauce. On la mange tiède, en saçant le pain dans le plat, sans façon.
Pourquoi ce plat ? Plat de pauvres par excellence, la frita mijotait sur le réchaud des cuisines de Belcourt où Camus grandit auprès de sa mère silencieuse et de sa grand-mère. Quelques poivrons, des tomates, un œuf cassé dessus quand il y en avait : c'est la nourriture de l'enfance qu'il évoque dans Le Premier Homme.
Chez nous, à Belcourt, on n'avait presque rien, et c'est peut-être pour ça que je me souviens si bien de cette odeur d'huile chaude et de poivrons sur le feu. Ma mère laissait fondre tout ça des heures, à petit bruit, pendant que le soleil tapait sur la cour. Quand un œuf venait dormir dans la sauce rouge, c'était déjà la fête. Prends du pain, le vrai, et passe-le dans le plat jusqu'à ce qu'il brille : tu tiens là toute ma Méditerranée, la pauvreté et la lumière ensemble.
Ingrédients (version d’époque)
- Poivrons verts — une bonne poignée (base fondante)
- Tomates mûres — autant que de poivrons (liant acidulé)
- Ail — quelques gousses (parfum)
- Huile d'olive — généreuse (matière grasse, signature)
- Œufs — selon ce qu'on a (garniture des bons jours)
Ingrédients
- Poivrons verts — 4 (base fondante)
- Tomates mûres — 600 g (liant acidulé)
- Ail — 3 gousses (parfum)
- Huile d'olive — 5 c. à soupe (matière grasse, signature)
- Œufs — 4 (garniture)
- Sel, poivre — selon goût (assaisonnement)
Préparation
- Épépiner et émincer les poivrons en fines lanières. Faire revenir doucement dans l'huile d'olive 15 min sans les colorer.
- Ajouter l'ail haché, puis les tomates pelées et concassées. Saler, poivrer.
- Laisser compoter à feu très doux 40 à 50 min, jusqu'à ce que tout fonde en une marmelade rouge.
- Creuser de petits puits dans la sauce, y casser les œufs, couvrir et laisser prendre 4-5 min.
- Servir tiède dans le plat de cuisson, avec beaucoup de pain.
Comment on faisait : Dans les foyers modestes d'Alger, la frita se faisait au gré du marché et du porte-monnaie : longtemps sur un réchaud à pétrole, sans recette écrite, transmise de mère en fille. L'œuf n'était ajouté que les jours où l'on en avait les moyens.
Le twist contemporain : Dressée en petites cocottes individuelles avec une feuille de basilic et un trait d'huile d'olive crue, la frita devient un brunch méditerranéen chic — clin d'œil à la shakshuka qui en est la cousine.
Sources : Albert Camus, Le Premier Homme (posthume, Gallimard, 1994) · Cuisine traditionnelle pied-noir d'Algérie (recueils familiaux)
Albert Camus · Charactorium





