La carte de Albert le Grand
Companage de route (le pain qu'on emporte)

Pain bis d'épeautre et de seigle

VoyageReconstitution🧂 🍯moyen5 h (dont pousse) + cuisson

Une miche compacte et rustique mêlant épeautre et seigle, à la croûte épaisse et à la mie serrée. Elle se garde longtemps, nourrit durablement et accompagne tout : c'est le pain du frère en chemin.

Companage de route (le pain qu'on emporte)

Une miche compacte et rustique mêlant épeautre et seigle, à la croûte épaisse et à la mie serrée. Elle se garde longtemps, nourrit durablement et accompagne tout : c'est le pain du frère en chemin.

Le voyageur de Dieu doit porter peu et durer beaucoup ; ce pain est fait pour cela. Le seigle et l'épeautre, qui croissent vaillamment dans nos terres souabes là où le froment renâcle, donnent une miche brune, lourde et sage, qui ne se corrompt point en trois ou quatre jours de marche. Je l'ai rompu plus d'une fois au bord d'un chemin entre Cologne et Ratisbonne, avec un peu de fromage et de l'eau de source. Mâche-le lentement, mon ami : ce qui se digère sans hâte soutient l'homme plus loin que les mets délicats des riches.
Albert le Grand
Ingrédients
  • Farine d'épeautredeux parts (base)
  • Farine de seigleune part (tenue et goût)
  • Levainun morceau de la fournée précédente (fermentation)
  • Selune pincée (assaisonnement et conservation)
  • Eauce qu'il faut (hydratation)
Comment on faisait : Le froment blanc était un luxe ; le peuple et les moines mangeaient surtout le « pain bis », mêlé de seigle, d'épeautre ou d'orge. On cuisait au four banal commun, et la fermentation reposait sur un levain entretenu de fournée en fournée. Plus la mie était dense, mieux le pain voyageait.
Sources : Hildegarde de Bingen, Physica, sur l'épeautre (« spelta ») (XIIe s.) · Bernard Guénée, sur les déplacements des clercs au Moyen Âge (étude moderne)