La carte de Alexandre Borodine
Vtoroïe de fête — le plat de résistance des repas d'invités et des jours gras

Koulibiac de poisson (le grand plat de réception)

FestifDocumentée🧂 🍄moyen1 h 30

Un grand pâté en croûte doré, garni de poisson, de riz, d'œufs durs et d'herbes, tranché en parts généreuses. Le plat spectaculaire des tablées de fête russes.

Vtoroïe de fête — le plat de résistance des repas d'invités et des jours gras

Un grand pâté en croûte doré, garni de poisson, de riz, d'œufs durs et d'herbes, tranché en parts généreuses. Le plat spectaculaire des tablées de fête russes.

Ah, pour celui-là, on se met à table comme il faut ! Quand Moussorgski, Rimski et toute la bande débarquent un dimanche, c'est le koulibiac qui trône au milieu — une croûte haute et dorée qu'on ouvre comme on lève le rideau d'un opéra, et la vapeur qui monte du poisson ! Je vous l'avoue, je suis meilleur chimiste que pâtissier, alors c'est souvent ma chère Catherine qui tient la pâte ; moi je m'occupe surtout d'en redemander. Coupez large, il y en a pour tout le monde, et resservez du thé après.
Alexandre Borodine
Ingrédients
  • Pâte levée ou pâte brisée richede quoi envelopper (croûte)
  • Poisson de rivière ou saumonun beau filet (garniture principale)
  • Sarrasin ou rizune jatte cuite (garniture liante)
  • Œufs dursplusieurs (garniture)
  • Oignon et beurreà volonté (fondue aromatique)
  • Anethun bouquet (parfum)
  • Œuf pour dorure1 (couleur)
Comment on faisait : Le koulibiac authentique était bien plus complexe que sa version d'aujourd'hui : on y empilait jusqu'à douze couches séparées par de fines crêpes (bliny) pour éviter que les jus ne détrempent la pâte, et on utilisait le vésiga (moelle dorsale d'esturgeon) comme garniture noble. C'était un plat de prestige des tables aisées.
Sources : Elena Molokhovets, Un cadeau aux jeunes ménagères (1861) · Pohlebkine V., Histoire de la cuisine russe