La carte de Alfred Dreyfus
Plat de fête du vendredi soir (Erev Shabbat)

Carpe à la juive

FestifDocumentée🧂 🍋moyen1 h + repos au frais

Tronçons de carpe pochés dans un fumet parfumé à l'oignon et au persil, puis laissés à refroidir : la sauce prend en une gelée légère et brillante. On le sert frais, relevé d'un trait de vinaigre, souvent avec un peu de raifort à part.

Plat de fête du vendredi soir (Erev Shabbat)

Tronçons de carpe pochés dans un fumet parfumé à l'oignon et au persil, puis laissés à refroidir : la sauce prend en une gelée légère et brillante. On le sert frais, relevé d'un trait de vinaigre, souvent avec un peu de raifort à part.

Permettez-moi de vous présenter ce plat que ma mère faisait dresser le vendredi, avant que les bougies ne fussent allumées. La carpe, on la pochait tout doucement dans son bouillon d'oignons, puis on la laissait reposer au frais jusqu'à ce que la sauce se prît en gelée. On la mangeait froide, comme il se doit, car le jour saint ne souffre point que l'on rallumât les fourneaux. Goûtez-y un peu de raifort, je vous prie : c'est la coutume de chez nous, en Alsace.
Alfred Dreyfus
Ingrédients
  • Carpe de rivièreune belle pièce, tronçonnée (poisson de fête, abordable et charnu)
  • Oignonsplusieurs (base aromatique de la sauce)
  • Persilun bouquet (parfum et couleur)
  • Vinaigreun filet (pointe acide)
  • Graisse d'oieune cuillerée (matière grasse cachère)
Comment on faisait : Avant la réfrigération, on préparait ce plat le vendredi après-midi et la cave fraîche faisait office de glacière le temps que la gelée prît. La graisse d'oie remplaçait le beurre pour respecter la séparation lait/viande de la cacherout.
Sources : Florence Kahn, La cuisine juive ashkénaze · Freddy Raphaël, Le judaïsme alsacien (tradition culinaire)