La carte de Alfred Nakache
Grand plat mijoté du Shabbat (table de fête juive constantinoise)

Tfina du vendredi soir

FestifDocumentée🧂 🍄moyen8 h (cuisson lente, hors trempage)

Un ragoût lent de bœuf, pois chiches, blé en grains et pommes de terre, avec des œufs cuits des heures dans le plat (les œufs hamine, qui deviennent crémeux et bruns). Un plat profond, fondant, parfumé au cumin et au curcuma.

Grand plat mijoté du Shabbat (table de fête juive constantinoise)

Un ragoût lent de bœuf, pois chiches, blé en grains et pommes de terre, avec des œufs cuits des heures dans le plat (les œufs hamine, qui deviennent crémeux et bruns). Un plat profond, fondant, parfumé au cumin et au curcuma.

Le vendredi, ma mère scellait la marmite et la glissait dans le four du quartier avant la tombée de la nuit — car le samedi, vois-tu, on ne touche plus au feu. Toute la nuit la tfina travaillait en silence, et le samedi à midi quel parfum quand on soulevait le couvercle ! Les œufs étaient devenus dorés à l'intérieur, la viande tombait toute seule. On mangeait lentement, tous ensemble, et même plus tard, dans la faim noire du camp, c'est à cette odeur-là que je rêvais.
Alfred Nakache
Ingrédients
  • Viande de bœuf (jarret, plat de côtes)un beau morceau (cœur du plat)
  • Pois chiches secsdeux bonnes poignées (rondeur, protéine)
  • Grains de blé tendreune poignée (féculent fondant)
  • Pommes de terrequelques-unes entières (douceur)
  • Œufs entiers en coquilleun par convive (œufs hamine)
  • Cumin et curcumaau goût (parfum et couleur)
  • Ail, sel, huile d'oliveselon le goût (fond aromatique)
Comment on faisait : La cuisson interrompue étant interdite le jour du Shabbat, les familles juives du Maghreb portaient leur tfina scellée chez le boulanger ou au four communal du quartier le vendredi après-midi. Le plat cuisait dans la chaleur résiduelle toute la nuit, et chacun récupérait sa marmite à la sortie de la synagogue le samedi matin. Les œufs hamine, cuits des heures, en sont la signature inimitable.

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