La carte de Alfred Russel Wallace
Buah — le fruit qui clôt et trône sur le repas

Le durian mûr, ouvert à la lame

FestifDocumentée🍯 🫙facile10 min

Un gros fruit hérissé de piquants que l'on fend en deux : à l'intérieur, des lobes de chair crémeuse, jaune pâle, d'un parfum entêtant. Le goût mêle la crème, l'amande, l'oignon doux et un fond presque fromager. Aucune cuisson : on le mange à la cuillère, à même la coque, accroupi à l'ombre.

Buah — le fruit qui clôt et trône sur le repas

Un gros fruit hérissé de piquants que l'on fend en deux : à l'intérieur, des lobes de chair crémeuse, jaune pâle, d'un parfum entêtant. Le goût mêle la crème, l'amande, l'oignon doux et un fond presque fromager. Aucune cuisson : on le mange à la cuillère, à même la coque, accroupi à l'ombre.

Permettez-moi de vous présenter le roi des fruits, que mes compatriotes fuient en se bouchant le nez et qu'ils ont bien tort de fuir. La première bouchée déconcerte ; à la cinquième, vous êtes conquis pour la vie. Sous l'enveloppe armée de pointes se cache une crème riche comme un blanc-manger, où je crois reconnaître tour à tour l'amande, la crème fouettée et je ne sais quel relent d'oignon qui n'a rien de déplaisant. J'affirme sans rougir qu'un voyage jusqu'à l'Orient se justifierait par le seul plaisir d'y manger le durian à sa pleine maturité.
Alfred Russel Wallace
Ingrédients
  • Durian mûr tombé de l'arbre1 fruit pour 2 à 4 personnes (le tout)
Comment on faisait : Du temps de Wallace, on ne vendait pas le durian : on le ramassait sous l'arbre dès qu'il tombait, signe qu'il était parfaitement mûr. Les villages malais en faisaient une fête saisonnière, et les éléphants comme les tigres étaient réputés en raffoler. On le mangeait sur place, sans aucun apprêt.
Sources : Alfred Russel Wallace, The Malay Archipelago (1869), chapitre sur le durian