La carte de Alphonse Daudet
Plat de tous les jours (le « repas qui tient au corps » nîmois)

La brandade de Nîmes

QuotidienDocumentée🧂 🍄moyen40 min (hors dessalage)

Une émulsion crémeuse de morue effeuillée, montée à chaud avec de l'huile d'olive, du lait et un peu d'ail, qu'on tartine sur du pain grillé ou qu'on sert gratinée. Un plat de carême et de tous les jours, né du commerce de la morue salée.

Plat de tous les jours (le « repas qui tient au corps » nîmois)

Une émulsion crémeuse de morue effeuillée, montée à chaud avec de l'huile d'olive, du lait et un peu d'ail, qu'on tartine sur du pain grillé ou qu'on sert gratinée. Un plat de carême et de tous les jours, né du commerce de la morue salée.

Voyez-vous, je suis de Nîmes, et l'on n'oublie pas la brandade de son enfance plus qu'on n'oublie son premier chagrin. Ma mère effeuillait la morue dessalée et la montait sur le feu doux, ajoutant l'huile et le lait tour à tour, en tournant sans relâche jusqu'à ce que cela devînt une crème blanche comme neige. On l'étalait toute chaude sur le pain, et le parfum d'ail emplissait la maison. C'est modeste, c'est de chez moi, et cela vaut bien des festins de Paris.
Alphonse Daudet
Ingrédients
  • Morue saléeune belle pièce, dessalée 24 h (base du plat)
  • Huile d'oliveà volonté (émulsion onctueuse)
  • Laitun peu, tiède (assouplit la pâte)
  • Ailune gousse (parfum)
  • Pain de campagne grilléquelques tranches (support)
Comment on faisait : La brandade naît au XVIIIe siècle à Nîmes, du troc entre le sel languedocien et la morue salée atlantique. Au temps de Daudet, on la montait à la main dans un mortier chaud, sans pomme de terre (l'ajout de purée est plus tardif).
Sources : J.-B. Reboul, La Cuisinière provençale (1897)

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