La carte de Anatole France
Les conserves de l'office (provisions de l'arrière-saison)

Gelée de coing de l'office

ConservationReconstitution🍯 🍋moyen1 h 30 (+ égouttage)

Une gelée tremblante couleur d'ambre, parfumée et acidulée, qui prend par la seule vertu du sucre et de la pectine naturelle du coing. On l'étale sur du pain, on en nappe une volaille, on la déguste à la petite cuillère.

Les conserves de l'office (provisions de l'arrière-saison)

Une gelée tremblante couleur d'ambre, parfumée et acidulée, qui prend par la seule vertu du sucre et de la pectine naturelle du coing. On l'étale sur du pain, on en nappe une volaille, on la déguste à la petite cuillère.

Le coing est un fruit selon mon cœur : âpre et dur quand on le cueille, il ne donne sa douceur qu'à qui sait l'attendre et le cuire longuement — image assez juste de bien des amitiés. À la campagne, je regardais l'office se remplir de ces pots ambrés où tremblait une lumière d'automne. On gardait l'eau de cuisson des pelures et des pépins, riche en gomme, pour que la gelée prît bien ; et l'on scellait les pots à la cire. C'était mettre l'été en réserve contre les rigueurs de l'hiver.
Anatole France
Ingrédients
  • Coings bien mûrsun plein panier (fruit à pectine)
  • Sucreà poids égal au jus (conservation et prise)
  • Citronun (acidité, aide à la prise)
  • Eauà couvrir (extraction du jus)
Comment on faisait : La gelée de coing (le « cotignac », spécialité d'Orléans) est l'une des plus anciennes conserves françaises. Avant le sucre raffiné bon marché, on cuisait coings et miel ; au XIXe siècle, le sucre de betterave devenu abordable démocratisa confitures et gelées dans toutes les maisons. La pectine naturelle du coing fait prendre la gelée sans aucun additif.
Sources : Jules Gouffé, Le Livre de cuisine (1867) · Tante Marie, La Véritable Cuisine de famille (vers 1900)

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