La carte de Anatole France
La pièce de résistance (rôt du dîner)

Poularde à la demi-deuil aux truffes

FestifDocumentée🍄 🧂difficile1 h 30 (+ une nuit de repos)

Une belle volaille pochée, lamelles de truffe noire glissées sous la peau qui dessinent des taches sombres — d'où son nom de « demi-deuil ». Chair fondante, parfum profond et terreux de la truffe : le sommet de l'umami à la française.

La pièce de résistance (rôt du dîner)

Une belle volaille pochée, lamelles de truffe noire glissées sous la peau qui dessinent des taches sombres — d'où son nom de « demi-deuil ». Chair fondante, parfum profond et terreux de la truffe : le sommet de l'umami à la française.

On l'appelait demi-deuil, et j'aimais ce nom : il fallait bien que la gourmandise, elle aussi, portât son petit deuil élégant. Voyez comme on glissait les lames de truffe sous la peau la veille au soir, pour que le parfum gagnât toute la chair pendant la nuit — la patience, monsieur, est la première vertu de la cuisine comme de la littérature. Puis on la pochait doucement dans un bon bouillon, sans jamais la brusquer, et l'on servait avec un gros sel gris : le luxe, voyez-vous, c'est de ne rien cacher de ce qui est bon.
Anatole France
Ingrédients
  • Poularde de Bresseune belle pièce (viande noble)
  • Truffes noires du Périgorddeux ou trois (signature aromatique)
  • Bouillon de pot-au-feuun grand faitout (pochage)
  • Carottes, navets, poireauxune botte (garniture pochée)
  • Gros sel grisau service (assaisonnement de table)
Comment on faisait : La « demi-deuil » est une gloire de la cuisine lyonnaise et bourgeoise, popularisée plus tard par la Mère Brazier. À l'époque de France, glisser des truffes sous la peau d'une volaille pochée était le geste de luxe par excellence des grands dîners — la truffe se vendait alors aux Halles par paniers entiers.
Sources : Auguste Escoffier, Le Guide culinaire (1903) · Prosper Montagné, Larousse gastronomique (1938)