La carte de Anna Akhmatova
Tchaïepitié — la cérémonie du thé qui clôt et prolonge le repas

Tchaïepitié au samovar et confiture de griottes

BoissonDocumentée🍯 🍋moyen1 h (confiture) + service

Un thé noir corsé tiré du samovar, allongé d'eau bouillante, que l'on adoucit non avec du sucre fondu mais « à la russe » : en gardant en bouche une cuillerée de confiture de griottes (varenié) entre deux gorgées. Le rituel du réconfort et de la conversation.

Tchaïepitié — la cérémonie du thé qui clôt et prolonge le repas

Un thé noir corsé tiré du samovar, allongé d'eau bouillante, que l'on adoucit non avec du sucre fondu mais « à la russe » : en gardant en bouche une cuillerée de confiture de griottes (varenié) entre deux gorgées. Le rituel du réconfort et de la conversation.

Le thé, mon ami, ne se boit pas à la hâte : il se veille. On tire d'abord la zavarka, ce concentré sombre et amer, dans la petite théière posée sur le samovar, puis on l'allonge selon le cœur de chacun. Moi, je ne mets jamais le sucre dans la tasse — je prends une cuillerée de varenié de griottes, et je la tiens sous la langue tandis que le thé brûlant passe par-dessus. C'est ainsi qu'on tient les longues nuits de Léningrad, à parler de vers jusqu'à ce que le samovar se taise.
Anna Akhmatova
Ingrédients
  • Thé noir en feuillespour une zavarka forte (infusion)
  • Eau du samovarà volonté (allongement)
  • Griottes (vichnia)un grand bol (confiture)
  • Sucrepoids égal aux griottes (conservation, douceur)
Comment on faisait : Le samovar, chauffé au charbon de bois, maintenait l'eau bouillante des heures durant ; la petite théière de zavarka trônait sur son couronnement. On buvait souvent le thé dans des verres sertis d'un porte-verre en métal (podstakannik), parfois en mordant un morceau de sucre dur (vприкуску) plutôt qu'en le faisant fondre.
Sources : Darra Goldstein, A Taste of Russia, 1983 · Anya von Bremzen, Mastering the Art of Soviet Cooking, 2013