La carte de Anna Comnène
prosphágion de fête (plat unique en marmite de terre)

Monókythron — le ragoût d'une seule marmite

FestifDocumentée🧂 🍄moyen1 h

Un ragoût en couches mijoté longuement dans un seul pot de terre : cœurs de chou, poisson de la mer Noire, fromages fondants et œufs, le tout poivré à l'excès comme on l'aimait au palais. Riche, généreux, fait pour les grandes tablées impériales.

prosphágion de fête (plat unique en marmite de terre)

Un ragoût en couches mijoté longuement dans un seul pot de terre : cœurs de chou, poisson de la mer Noire, fromages fondants et œufs, le tout poivré à l'excès comme on l'aimait au palais. Riche, généreux, fait pour les grandes tablées impériales.

Moi, Anna, née dans la pourpre, je te dirai que rien ne réjouissait davantage la table de mon père l'empereur Alexis qu'un monókythron tiré brûlant de sa marmite de terre. On y couchait, lit après lit, le cœur tendre des choux, le poisson salé de la mer noire, quatre fromages et les œufs, puis l'on poivrait sans compter, car la mesure sied aux pauvres et non aux maîtres du monde. Laisse-le frémir doucement sur les braises jusqu'à ce que tout se confonde en une seule chair savoureuse, et n'ouvre le couvercle qu'au dernier instant : c'est là tout le secret.
Anna Comnène
Ingrédients
  • Cœurs de chouquelques-uns, parés (base végétale fondante)
  • Poisson salé de la mer Noire (thon, maquereau)à discrétion (umami salant)
  • Poisson frais (dorade ou loup)quelques pièces (chair principale)
  • Fromages variés (à pâte molle et dure)à profusion (liant onctueux)
  • Œufsune douzaine (liant)
  • Gáros (garum)un trait (assaisonnement signature)
  • Poivre, cumin, oignongénéreusement (épices de cour)
  • Huile d'oliveun filet (matière grasse)
Comment on faisait : Le monókythron (« une seule marmite ») était cuit dans un pot de terre scellé, posé sur les braises ou enfoui dans la cendre chaude pour une cuisson lente et homogène. Les poèmes du XIIe siècle insistent sur l'excès de poivre, marqueur de luxe : les épices d'Orient transitant par Constantinople étaient un signe ostentatoire de richesse à la table des Comnène.
Sources : Poèmes ptochoprodromiques (XIIe s.), éd. H. Eideneier · Andrew Dalby, Flavours of Byzantium, Prospect Books, 2003

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