Oinómeli — le vin au miel et aux épices
Vin chaud ou tiède adouci de miel et parfumé de poivre, cannelle, nard et mastic. Boisson de fête et de réconfort, à mi-chemin entre le plaisir et le remède, héritée du conditum romain.
Vin chaud ou tiède adouci de miel et parfumé de poivre, cannelle, nard et mastic. Boisson de fête et de réconfort, à mi-chemin entre le plaisir et le remède, héritée du conditum romain.
Approche ta coupe, et laisse-moi te servir comme on servait à la table de mon père. Nous prenions le vin généreux de nos îles, nous y fondions le miel doré, puis nous l'animions de poivre, de cannelle et d'un grain de mastic de Chios qui embaume. Tiède, il réchauffe le sang et fortifie l'estomac — moi qui ai lu Galien et veillé sur les malades de notre grand hôpital, je te le dis : ce breuvage réjouit le corps autant que l'âme, pourvu qu'on le boive avec mesure, car l'excès sied aux barbares et non aux gens de raison.
- •Vin grec (rouge ou blanc résiné) — un pichet (base)
- •Miel — généreusement (douceur)
- •Poivre noir, cannelle — quelques grains, un bâton (épices chaudes)
- •Mastic de Chios, nard ou clou de girofle — une larme (parfum signature)
Oinómeli — le vin au miel et aux épices
Vin chaud ou tiède adouci de miel et parfumé de poivre, cannelle, nard et mastic. Boisson de fête et de réconfort, à mi-chemin entre le plaisir et le remède, héritée du conditum romain.
Pourquoi ce plat ? À la table impériale des Blachernes, on servait le vin de Grèce relevé de miel et d'épices d'Orient. Anna, versée dans la médecine de Galien au point de diriger un hôpital, savait que ce vin miellé passait aussi pour un cordial réchauffant et digestif.
Approche ta coupe, et laisse-moi te servir comme on servait à la table de mon père. Nous prenions le vin généreux de nos îles, nous y fondions le miel doré, puis nous l'animions de poivre, de cannelle et d'un grain de mastic de Chios qui embaume. Tiède, il réchauffe le sang et fortifie l'estomac — moi qui ai lu Galien et veillé sur les malades de notre grand hôpital, je te le dis : ce breuvage réjouit le corps autant que l'âme, pourvu qu'on le boive avec mesure, car l'excès sied aux barbares et non aux gens de raison.
Ingrédients (version d’époque)
- Vin grec (rouge ou blanc résiné) — un pichet (base)
- Miel — généreusement (douceur)
- Poivre noir, cannelle — quelques grains, un bâton (épices chaudes)
- Mastic de Chios, nard ou clou de girofle — une larme (parfum signature)
Ingrédients
- Vin rouge corsé — 75 cl (1 bouteille) (base)
- Miel — 4 à 6 c. à soupe (douceur)
- Bâton de cannelle — 1 (épice chaude)
- Poivre noir en grains — 6 grains (épice)
- Larme de mastic de Chios (ou 2 clous de girofle) — 1 petit grain (parfum signature)
Préparation
- Verser le vin dans une casserole avec le miel.
- Ajouter la cannelle, les grains de poivre et le mastic (ou les clous de girofle).
- Chauffer doucement sans jamais faire bouillir, en remuant pour dissoudre le miel.
- Laisser infuser hors du feu 10 min, couvert.
- Filtrer et servir tiède dans des coupes.
Comment on faisait : L'oinómeli byzantin descend du conditum / mulsum romain. Les traités médicaux byzantins, dans la lignée de Galien et de Dioscoride qu'Anna connaissait, recommandaient les vins miellés et épicés comme toniques digestifs et réchauffants. Le mastic de Chios, résine d'un arbuste de l'île, était une signature aromatique typiquement égéenne.
Le twist contemporain : Servi en version sans alcool sur un jus de raisin chaud épicé, pour que toute la tablée — y compris les plus jeunes — partage la boisson de la princesse.
Sources : Andrew Dalby, Flavours of Byzantium, Prospect Books, 2003 · Apicius / tradition du conditum paradoxum (héritage romain)
Anna Comnène · Charactorium

