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Claré — vin au miel et aux épices, coupé d'eau
Pourquoi ce plat ? La règle dominicaine imposait de couper le vin d'eau : la sobriété valait pour la boisson autant que pour la table. Pour les jours de fête, on parfumait ce vin léger de miel et d'épices — un claré modeste, qui réchauffait sans enivrer, à la mesure d'un maître qui prêchait la tempérance.
Du vin doucement chauffé avec du miel, de la cannelle, du gingembre et un peu de poivre long, puis filtré et allongé d'eau. Réconfortant, épicé, à peine sucré : la version sage de l'hypocras, conforme à la frugalité du cloître.
Bois, mais avec mesure : notre règle veut que le vin soit baptisé d'eau, car l'ivresse est l'ennemie de l'étude et de la prière. Pour la joie d'une fête, nous le parfumons cependant de miel et d'épices chaudes — la cannelle, le gingembre, un grain de poivre long — qui réveillent l'estomac engourdi par le jeûne. Fais-le tiédir sans bouillir, passe-le par un linge serré, puis ajoute l'eau de source. Tu y goûteras la douceur d'un jour de fête sans en perdre la tête : c'est ainsi que l'on use des biens de ce monde, en les rapportant à plus haut qu'eux.
- •Vin (rouge ou clairet) — un pichet (base)
- •Miel — à la cuillère, selon le goût (douceur)
- •Cannelle, gingembre, poivre long — à discrétion (épices chaudes)
- •Eau de source — une bonne part (allonge (règle de sobriété))
Claré — vin au miel et aux épices, coupé d'eau
Du vin doucement chauffé avec du miel, de la cannelle, du gingembre et un peu de poivre long, puis filtré et allongé d'eau. Réconfortant, épicé, à peine sucré : la version sage de l'hypocras, conforme à la frugalité du cloître.
Pourquoi ce plat ? La règle dominicaine imposait de couper le vin d'eau : la sobriété valait pour la boisson autant que pour la table. Pour les jours de fête, on parfumait ce vin léger de miel et d'épices — un claré modeste, qui réchauffait sans enivrer, à la mesure d'un maître qui prêchait la tempérance.
Bois, mais avec mesure : notre règle veut que le vin soit baptisé d'eau, car l'ivresse est l'ennemie de l'étude et de la prière. Pour la joie d'une fête, nous le parfumons cependant de miel et d'épices chaudes — la cannelle, le gingembre, un grain de poivre long — qui réveillent l'estomac engourdi par le jeûne. Fais-le tiédir sans bouillir, passe-le par un linge serré, puis ajoute l'eau de source. Tu y goûteras la douceur d'un jour de fête sans en perdre la tête : c'est ainsi que l'on use des biens de ce monde, en les rapportant à plus haut qu'eux.
Ingrédients (version d’époque)
- Vin (rouge ou clairet) — un pichet (base)
- Miel — à la cuillère, selon le goût (douceur)
- Cannelle, gingembre, poivre long — à discrétion (épices chaudes)
- Eau de source — une bonne part (allonge (règle de sobriété))
Ingrédients
- Vin rouge léger ou rosé — 50 cl (base)
- Miel — 2 à 3 c. à soupe (douceur)
- Cannelle (bâton) — 1 (épice)
- Gingembre frais — 3 fines rondelles (épice)
- Poivre long ou poivre noir — 2 grains (épice)
- Eau — 25 cl (à ajuster) (allonge (règle de sobriété))
Préparation
- Versez le vin dans une casserole, ajoutez le miel, la cannelle, le gingembre et le poivre.
- Chauffez très doucement sans jamais faire bouillir (l'alcool ne doit pas s'évaporer brutalement) pendant 10 min.
- Laissez infuser hors du feu 15 à 20 min pour que les épices s'expriment.
- Filtrez à travers un linge fin ou une passoire tapissée de gaze.
- Allongez d'eau (froide ou tiède) selon la sobriété souhaitée, goûtez et rectifiez le miel.
- Servez tiède dans des coupes ou des gobelets. Version sans alcool : remplacez le vin par du jus de raisin et procédez de même.
Comment on faisait : Le « claré » et l'« hypocras » désignaient des vins épicés et sucrés, filtrés à travers un sac de tissu appelé « manche d'Hippocrate » — d'où leur nom. Couper le vin d'eau était une norme de table générale au Moyen Âge, et plus encore une obligation chez les ordres mendiants soucieux de tempérance.
Le twist contemporain : Servi glacé et bien allongé d'eau pétillante, ce claré devient un spritz médiéval épicé, parfait pour l'apéritif d'été.
Sources : Le Mesnagier de Paris, recette d'hypocras (fin XIVe s., référence de technique) · Constitutions de l'Ordre des Prêcheurs, prescriptions sur le vin coupé d'eau (XIIIe s.)
Albert le Grand · Charactorium





