Thé du samovar
Un thé noir corsé préparé selon la méthode du samovar : un concentré très fort (zavarka) dans une petite théière tenue chaude au sommet du samovar, que l'on dilue dans chaque verre avec l'eau bouillante. On le boit brûlant, sucré, avec une rondelle de citron ou, mieux, une cuillerée de confiture à croquer entre deux gorgées.
Un thé noir corsé préparé selon la méthode du samovar : un concentré très fort (zavarka) dans une petite théière tenue chaude au sommet du samovar, que l'on dilue dans chaque verre avec l'eau bouillante. On le boit brûlant, sucré, avec une rondelle de citron ou, mieux, une cuillerée de confiture à croquer entre deux gorgées.
Le samovar, voyez-vous, c'est le seul membre de la famille qui ne se plaint jamais et ne fait que chanter. On en tire d'abord la zavarka, noire comme l'encre dont je couvre mes carnets, puis on la coupe d'eau brûlante selon le caractère de chacun — fort pour les insomniaques, pâle pour les dames. Moi je le bois « à la russe » : sans lait, avec un morceau de sucre que l'on tient entre les dents, et une cuillère de confiture de griottes à laisser fondre sur la langue. Asseyez-vous, prenez un verre : on ne refuse jamais le thé, c'est presque une affaire d'honneur.
- •Thé noir en feuilles (Chine, par la route des caravanes) — généreusement (infusion concentrée)
- •Eau du samovar — à volonté (dilution brûlante)
- •Sucre en morceaux — à mordre (douceur)
- •Citron — en rondelles (acidité)
- •Confiture (varenye) — une cuillerée (accompagnement sucré)
Thé du samovar
Un thé noir corsé préparé selon la méthode du samovar : un concentré très fort (zavarka) dans une petite théière tenue chaude au sommet du samovar, que l'on dilue dans chaque verre avec l'eau bouillante. On le boit brûlant, sucré, avec une rondelle de citron ou, mieux, une cuillerée de confiture à croquer entre deux gorgées.
Pourquoi ce plat ? Le samovar figure parmi les objets emblématiques de Tchekhov : à Mélikhovo comme à Yalta, le thé coulait sans fin. Ses pièces et ses nouvelles regorgent de scènes de thé — c'est l'arrière-plan sonore et chaleureux de toute son œuvre, le moment où ses personnages parlent, espèrent et se taisent.
Le samovar, voyez-vous, c'est le seul membre de la famille qui ne se plaint jamais et ne fait que chanter. On en tire d'abord la zavarka, noire comme l'encre dont je couvre mes carnets, puis on la coupe d'eau brûlante selon le caractère de chacun — fort pour les insomniaques, pâle pour les dames. Moi je le bois « à la russe » : sans lait, avec un morceau de sucre que l'on tient entre les dents, et une cuillère de confiture de griottes à laisser fondre sur la langue. Asseyez-vous, prenez un verre : on ne refuse jamais le thé, c'est presque une affaire d'honneur.
Ingrédients (version d’époque)
- Thé noir en feuilles (Chine, par la route des caravanes) — généreusement (infusion concentrée)
- Eau du samovar — à volonté (dilution brûlante)
- Sucre en morceaux — à mordre (douceur)
- Citron — en rondelles (acidité)
- Confiture (varenye) — une cuillerée (accompagnement sucré)
Ingrédients
- Thé noir en feuilles corsé (type Keemun ou mélange russe) — 3 c. à café bien pleines (concentré (zavarka))
- Eau frémissante — 1 litre (dilution)
- Sucre en morceaux — à volonté (douceur)
- Citron bio — 1, en rondelles (acidité)
- Confiture de griottes — à la cuillère (accompagnement)
Préparation
- Ébouillantez une petite théière, mettez-y le thé et couvrez d'un fond d'eau frémissante pour obtenir un concentré (la zavarka). Laissez infuser 5 min.
- Posez la théière au chaud (sur le samovar, ou à défaut sur une casserole d'eau chaude).
- Dans chaque verre, versez un fond de concentré puis allongez d'eau très chaude selon la force voulue.
- Servez avec sucre, citron et un petit pot de confiture.
- Buvez « à la russe » : un morceau de sucre tenu entre les dents, ou une cuillerée de confiture fondue en bouche entre les gorgées.
Comment on faisait : Le thé arrivait en Russie par la grande route des caravanes depuis la Chine, ce qui le rendait précieux et lui valait le surnom de « thé caravane » au goût parfois légèrement fumé. Le samovar, chauffé au charbon de bois par une cheminée centrale, maintenait l'eau frémissante des heures durant ; tenir maison signifiait savoir « mettre le samovar ».
Le twist contemporain : Servez dans un verre à thé en podstakannik (porte-verre en métal ciselé) comme dans les trains russes — Tchekhov, grand voyageur jusqu'à Sakhaline, aurait approuvé.
Sources : William Pokhlebkine, Le thé : ses types, propriétés et usage (Чай), 1968 · Audra Yoder, Tea Time in Romanov Russia (étude historique)
Anton Tchekhov · Charactorium