La carte de Artemisia Gentileschi
Chapon rôti, sauce aigre-douce à l'agresto
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Il piatto di grasso (le plat gras des jours de fête et des dîners de mécène)

Chapon rôti, sauce aigre-douce à l'agresto

FestifReconstitution🍯 🍋 🧂moyen2 h 15
Il piatto di grasso (le plat gras des jours de fête et des dîners de mécène)

Chapon rôti, sauce aigre-douce à l'agresto

Pourquoi ce plat ? Reçue à l'Académie du dessin de Florence et courtisée par des mécènes — les Médicis, plus tard la cour de Londres —, Artemisia connut les tables où l'on servait la volaille et les sauces de cour. La viande était l'affaire des « jours fastes » de sa fiche : un repas de commande, un contrat à signer.

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Il piatto di grasso (le plat gras des jours de fête et des dîners de mécène)

Un chapon doré au four, nappé d'une sauce baroque où l'agresto (jus de raisin vert acide) rencontre le miel, les raisins secs et les pignons. L'aigre-doux par excellence : brillant, contrasté, digne d'une table de cardinal.

Quand un mécène m'invitait à sa table pour parler d'une commande, on n'y servait point la minestra des pauvres : on dressait le chapon, doré comme l'or de mes fonds. La sauce, voyez-vous, je la veux comme ma peinture — un combat tenu entre deux forces : l'aigre de l'agresto qui mord, et le doux du miel qui apaise, ni l'un ni l'autre vainqueur. J'y jetais les pignons et les raisins de Corinthe, et je laissais réduire jusqu'à ce que la sauce nappe la cuillère et luise à la chandelle. Servez-la sur la chair encore fumante, et que vos convives sachent qu'une femme peut commander à la cuisine comme au pinceau.
Artemisia Gentileschi
Ingrédients
  • Chapon (ou bon poulet fermier)un, entier (pièce maîtresse)
  • Agresto (jus de raisin vert) ou verjusun verre (acidité)
  • Mieldeux cuillerées (douceur)
  • Raisins secs (de Corinthe)une poignée (douceur et mâche)
  • Pignons de pinune poignée (rondeur, croquant)
  • Cannelle et clou de girofleune pincée (épices de cour)
  • Saindoux ou huile d'olivece qu'il faut (rôtissage)
  • Selà discrétion (assaisonnement)
Comment on faisait : Les livres de cuisine de la Renaissance et du Baroque (Scappi, 1570) regorgent de sauces aigres-douces pour les volailles, à base d'agresto ou de verjus, de sucre ou de miel, relevées d'épices et de fruits secs. La tomate, alors plante d'ornement venue du Nouveau Monde, ne paraissait jamais sur ces tables : l'acidité venait du raisin vert et du vinaigre.
Sources : Bartolomeo Scappi, Opera dell'arte del cucinare, Venise, 1570

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