La carte de Asmodeus
Tuh'u, ragoût pourpre de Babylone
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Plat de viande des banquets royaux babyloniens

Tuh'u, ragoût pourpre de Babylone

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Plat de viande des banquets royaux babyloniens

Tuh'u, ragoût pourpre de Babylone

Pourquoi ce plat ? Babylone, l'une des grandes cités où l'on situait les exorcismes et incantations contre Asmodée, gardait dans ses palais une cuisine raffinée. Le tuh'u, ragoût de viande à la betterave qui lui donne sa robe pourpre, figure parmi les recettes gravées sur les tablettes culinaires de Babylone — un plat de banquet digne de la table que le démon, dit-on, aimait à troubler.

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Plat de viande des banquets royaux babyloniens

Un ragoût de gigot d'agneau d'un rouge profond, teinté par la betterave, parfumé aux poireaux, à l'ail et à la coriandre, lié au siqqu. L'un des plus anciens plats écrits de l'humanité.

Approche, et regarde cette marmite rougir comme un ciel d'orage. Aux palais de Babylone, on me croyait tenu à distance par les anneaux gravés et les fumées d'encens — pauvres sots, je m'attablais à leurs noces déguisé en convive. Ce ragoût pourpre, le tuh'u, on le tournait lentement avec du sang et de la betterave, du poireau écrasé sous la paume, et cette saumure dont l'odeur réveille les morts. Sers-le aux époux, mortel : moi, je sais ce que la chair désire quand le vin coule.
Asmodeus
Ingrédients
  • Gigot d'agneauune belle pièce (base)
  • Betterave (silqu)selon couleur voulue (couleur et douceur terreuse)
  • Poireaux et ailen quantité (aromates écrasés)
  • Oignonquelques-uns (aromate)
  • Siqqu (saumure de poisson)un trait (umami)
  • Graisse de moutonune louche (matière grasse)
  • Coriandre fraîche, cuminà volonté (herbes et épices)
  • Sang (facultatif, liant ancien)un peu (liant et couleur)
Comment on faisait : Le tuh'u est l'une des 25 recettes gravées vers 1730 av. J.-C. sur trois tablettes babyloniennes en akkadien, conservées à l'université Yale et déchiffrées par l'assyriologue Jean Bottéro. La version d'époque liait parfois la sauce au sang et utilisait le kasû et le samidu, plantes aromatiques aujourd'hui difficiles à identifier.
Sources : Jean Bottéro, Textes culinaires Mésopotamiens, Eisenbrauns, 1995 · Tablettes culinaires babyloniennes YBC 4644, 8958, 4648 (Yale Babylonian Collection)

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