Sikanjabīn — sirop de miel et vinaigre à la menthe
Un sirop aigre-doux de miel et de vinaigre, infusé à la menthe, qu'on allonge d'eau fraîche. Désaltérant, vif, à la fois médicament et boisson de plaisir.
Un sirop aigre-doux de miel et de vinaigre, infusé à la menthe, qu'on allonge d'eau fraîche. Désaltérant, vif, à la fois médicament et boisson de plaisir.
En ma qualité de médecin, je te conseille le sikanjabīn quand la chaleur t'oppresse ou que l'estomac s'alourdit, car le vinaigre tempère ce que le miel a de trop chaud, et l'ensemble rétablit l'équilibre des humeurs comme l'enseignait Galien. On fait fondre le miel, on y verse le bon vinaigre, on laisse réduire en sirop, puis on y jette quelques feuilles de menthe. Garde-le en fiole de verre ; au moment de boire, dilue une cuillerée dans l'eau fraîche du puits. Ainsi le remède se fait plaisir, et la mesure, santé.
- •Miel — deux parts (douceur, base du sirop)
- •Vinaigre (de vin) — une part (acidité, vertu rafraîchissante)
- •Menthe fraîche — quelques branches (parfum)
- •Eau fraîche — pour diluer au service (boisson)
Sikanjabīn — sirop de miel et vinaigre à la menthe
Un sirop aigre-doux de miel et de vinaigre, infusé à la menthe, qu'on allonge d'eau fraîche. Désaltérant, vif, à la fois médicament et boisson de plaisir.
Pourquoi ce plat ? Averroès n'était pas seulement philosophe : son grand traité de médecine, le Kitāb al-Kulliyāt (le « Colliget » des Latins), s'inscrit dans la tradition de Galien. L'oxymel (sikanjabīn), mélange de miel et de vinaigre, était un remède classique pour rafraîchir les humeurs, apaiser la soif des fiévreux et aider la digestion — exactement le genre de préparation qu'un médecin de son rang prescrivait.
En ma qualité de médecin, je te conseille le sikanjabīn quand la chaleur t'oppresse ou que l'estomac s'alourdit, car le vinaigre tempère ce que le miel a de trop chaud, et l'ensemble rétablit l'équilibre des humeurs comme l'enseignait Galien. On fait fondre le miel, on y verse le bon vinaigre, on laisse réduire en sirop, puis on y jette quelques feuilles de menthe. Garde-le en fiole de verre ; au moment de boire, dilue une cuillerée dans l'eau fraîche du puits. Ainsi le remède se fait plaisir, et la mesure, santé.
Ingrédients (version d’époque)
- Miel — deux parts (douceur, base du sirop)
- Vinaigre (de vin) — une part (acidité, vertu rafraîchissante)
- Menthe fraîche — quelques branches (parfum)
- Eau fraîche — pour diluer au service (boisson)
Ingrédients
- Miel — 250 g (douceur, base du sirop)
- Vinaigre de vin (ou de cidre) — 125 ml (acidité)
- Menthe fraîche — 1 belle poignée (parfum)
- Eau — 100 ml pour le sirop + eau glacée au service (cuisson et dilution)
Préparation
- Faire chauffer doucement le miel avec 100 ml d'eau jusqu'à dissolution complète.
- Ajouter le vinaigre et laisser frémir 10–15 minutes pour obtenir un sirop légèrement épais.
- Hors du feu, plonger la menthe dans le sirop chaud et laisser infuser jusqu'à refroidissement.
- Filtrer et conserver en bouteille au frais.
- Au service, diluer 1 à 2 cuillères à soupe de sirop dans un grand verre d'eau fraîche et glace.
Comment on faisait : L'oxymel grec, devenu sikanjabīn en arabe puis en persan, traverse toute la médecine médiévale islamique. On en faisait des versions à la rose, au coing, au safran. Conservé en sirop, il se gardait des semaines — boisson de table autant que prescription de médecin.
Le twist contemporain : Servir en spritz sans alcool sur glace pilée, avec un ruban de concombre et une feuille de menthe : un « shrub » andalou du XIIe siècle.
Sources : Averroès, Kitāb al-Kulliyāt fī al-ṭibb (Colliget) · Tradition de l'oxymel galénique dans la médecine arabe médiévale
Averroès · Charactorium