Chái du samovar — thé persan au safran et à la cardamome
Un thé noir corsé, infusé au sommet du samovar puis allongé d'eau brûlante au moment de servir. On le parfume d'une pointe de safran et de cardamome, et on le boit dans de petits verres (estekán), souvent en posant un morceau de sucre entre les dents.
Un thé noir corsé, infusé au sommet du samovar puis allongé d'eau brûlante au moment de servir. On le parfume d'une pointe de safran et de cardamome, et on le boit dans de petits verres (estekán), souvent en posant un morceau de sucre entre les dents.
Assieds-toi, le samovar chante déjà. Vois la théière coiffer le brasier comme un derviche coiffe son táj : en haut l'essence forte du thé, en bas l'eau qui bout sans repos. Je verse un doigt de l'infusion, puis l'eau claire, et chacun règle sa force selon son cœur. Prends ce morceau de sucre entre tes lèvres et laisse couler le thé par-dessus — ainsi parlions-nous des heures durant, hôtes et voyageurs, car nul ne s'en va de cette maison sans avoir bu.
- •Thé noir en feuilles — quelques cuillerées (infusion-mère concentrée)
- •Eau bouillante (du samovar) — à volonté (allonge l'infusion)
- •Safran — quelques filaments (parfum et couleur dorée)
- •Cardamome verte — 1 gousse écrasée (arôme)
- •Sucre en morceaux (qand) — selon le goût (à croquer ou faire fondre)
Chái du samovar — thé persan au safran et à la cardamome
Un thé noir corsé, infusé au sommet du samovar puis allongé d'eau brûlante au moment de servir. On le parfume d'une pointe de safran et de cardamome, et on le boit dans de petits verres (estekán), souvent en posant un morceau de sucre entre les dents.
Pourquoi ce plat ? La théière et le samovar figurent parmi les objets typiques de Bahá'u'lláh. Le thé est l'âme de l'hospitalité persane : offrir un verre de chái à celui qui entre est un devoir sacré, et l'on imagine sans peine le samovar fumant lors des entretiens du Manoir de Bahjí, où venaient pèlerins et visiteurs.
Assieds-toi, le samovar chante déjà. Vois la théière coiffer le brasier comme un derviche coiffe son táj : en haut l'essence forte du thé, en bas l'eau qui bout sans repos. Je verse un doigt de l'infusion, puis l'eau claire, et chacun règle sa force selon son cœur. Prends ce morceau de sucre entre tes lèvres et laisse couler le thé par-dessus — ainsi parlions-nous des heures durant, hôtes et voyageurs, car nul ne s'en va de cette maison sans avoir bu.
Ingrédients (version d’époque)
- Thé noir en feuilles — quelques cuillerées (infusion-mère concentrée)
- Eau bouillante (du samovar) — à volonté (allonge l'infusion)
- Safran — quelques filaments (parfum et couleur dorée)
- Cardamome verte — 1 gousse écrasée (arôme)
- Sucre en morceaux (qand) — selon le goût (à croquer ou faire fondre)
Ingrédients
- Thé noir en vrac (Ceylan ou Darjeeling) — 3 c. à café (infusion-mère)
- Eau frémissante — 1 litre (allonge)
- Filaments de safran — 1 petite pincée (parfum, couleur)
- Cardamome verte — 2 gousses écrasées (arôme)
- Sucre en morceaux ou cristal de sucre (nabât) — à volonté (à croquer)
- Eau de rose (facultatif) — quelques gouttes (note florale)
Préparation
- Faire bouillir l'eau. En verser un peu sur les feuilles de thé dans une théière, ajouter cardamome écrasée et safran.
- Poser la théière sur le récipient d'eau bouillante (ou la garder très chaude) et laisser infuser 10 à 15 min : on obtient une infusion-mère foncée.
- Dans chaque petit verre, verser un fond d'infusion-mère puis allonger d'eau brûlante : peu pour un thé léger (kam-rang), beaucoup d'infusion pour un thé fort (por-rang).
- Servir brûlant, avec des morceaux de sucre à part. Ajouter une goutte d'eau de rose si désiré.
- Boire en posant le sucre entre les dents et en aspirant le thé par-dessus, à la persane.
Comment on faisait : Le samovar (mot d'origine russe) s'est répandu en Perse au XIXe siècle via le commerce avec la Russie. Le foyer central chauffait l'eau, et la théière (qoorí) trônait au sommet pour rester chaude. Le thé a alors supplanté le café comme boisson nationale. On le sucrait rarement dans la tasse : on croquait le sucre à côté.
Le twist contemporain : Servez en verres estekán transparents pour admirer la robe ambrée, avec un cristal de sucre (nabât) safrané à faire tourner dans le thé.
Sources : Najmieh Batmanglij, Food of Life · Rudolph Matthee, The Pursuit of Pleasure: Drugs and Stimulants in Iranian History
Bahaullah · Charactorium