La carte de Bahaullah
Chái (le thé qui ponctue tout, du matin au soir, posé en permanence sur la sofreh)

Chái du samovar — thé persan au safran et à la cardamome

BoissonDocumentée☕ 🍯facile20 min

Un thé noir corsé, infusé au sommet du samovar puis allongé d'eau brûlante au moment de servir. On le parfume d'une pointe de safran et de cardamome, et on le boit dans de petits verres (estekán), souvent en posant un morceau de sucre entre les dents.

Chái (le thé qui ponctue tout, du matin au soir, posé en permanence sur la sofreh)

Un thé noir corsé, infusé au sommet du samovar puis allongé d'eau brûlante au moment de servir. On le parfume d'une pointe de safran et de cardamome, et on le boit dans de petits verres (estekán), souvent en posant un morceau de sucre entre les dents.

Assieds-toi, le samovar chante déjà. Vois la théière coiffer le brasier comme un derviche coiffe son táj : en haut l'essence forte du thé, en bas l'eau qui bout sans repos. Je verse un doigt de l'infusion, puis l'eau claire, et chacun règle sa force selon son cœur. Prends ce morceau de sucre entre tes lèvres et laisse couler le thé par-dessus — ainsi parlions-nous des heures durant, hôtes et voyageurs, car nul ne s'en va de cette maison sans avoir bu.
Bahaullah
Ingrédients
  • Thé noir en feuillesquelques cuillerées (infusion-mère concentrée)
  • Eau bouillante (du samovar)à volonté (allonge l'infusion)
  • Safranquelques filaments (parfum et couleur dorée)
  • Cardamome verte1 gousse écrasée (arôme)
  • Sucre en morceaux (qand)selon le goût (à croquer ou faire fondre)
Comment on faisait : Le samovar (mot d'origine russe) s'est répandu en Perse au XIXe siècle via le commerce avec la Russie. Le foyer central chauffait l'eau, et la théière (qoorí) trônait au sommet pour rester chaude. Le thé a alors supplanté le café comme boisson nationale. On le sucrait rarement dans la tasse : on croquait le sucre à côté.
Sources : Najmieh Batmanglij, Food of Life · Rudolph Matthee, The Pursuit of Pleasure: Drugs and Stimulants in Iranian History