Cuissot de sanglier rôti au miel et aux baies de genièvre
Un grand morceau de sanglier (ou de porc) longuement rôti, laqué de miel et frotté de baies de genièvre cueillies dans les forêts. La viande des fêtes, celle qui scelle les alliances autour du feu.
Un grand morceau de sanglier (ou de porc) longuement rôti, laqué de miel et frotté de baies de genièvre cueillies dans les forêts. La viande des fêtes, celle qui scelle les alliances autour du feu.
Approche de mon foyer, étranger, et n'aie pas peur de la flamme. Quand mon époux le roi reçoit ses fidèles, on saigne le sanglier que ses chiens ont levé dans la forêt, et on le tourne sur la broche jusqu'à ce que la graisse chante sur les braises. Je le fais frotter de ces petites baies noires du genévrier, qui mordent la langue, puis napper de notre miel : ainsi la couenne devient luisante comme l'or de Tournai. Celui à qui le roi tend le meilleur morceau de sa main, celui-là sait qu'il est aimé.
- •Cuissot de sanglier — une pièce pour la tablée (viande maîtresse)
- •Miel — généreusement (laque et douceur)
- •Baies de genièvre — une poignée écrasée (aromate forestier)
- •Sel — ce qu'il faut (assaisonnement)
- •Graisse de porc — pour badigeonner (matière grasse)
Cuissot de sanglier rôti au miel et aux baies de genièvre
Un grand morceau de sanglier (ou de porc) longuement rôti, laqué de miel et frotté de baies de genièvre cueillies dans les forêts. La viande des fêtes, celle qui scelle les alliances autour du feu.
Pourquoi ce plat ? Basine est l'épouse de Childéric Ier, roi des Francs saliens, et la mère de Clovis. Dans les banquets royaux de Tournai, la chasse offre le sanglier, gibier des forêts germaniques, servi entier au centre de la table : le roi distribue les meilleurs morceaux, et c'est par cette générosité que se tisse la fidélité des guerriers.
Approche de mon foyer, étranger, et n'aie pas peur de la flamme. Quand mon époux le roi reçoit ses fidèles, on saigne le sanglier que ses chiens ont levé dans la forêt, et on le tourne sur la broche jusqu'à ce que la graisse chante sur les braises. Je le fais frotter de ces petites baies noires du genévrier, qui mordent la langue, puis napper de notre miel : ainsi la couenne devient luisante comme l'or de Tournai. Celui à qui le roi tend le meilleur morceau de sa main, celui-là sait qu'il est aimé.
Ingrédients (version d’époque)
- Cuissot de sanglier — une pièce pour la tablée (viande maîtresse)
- Miel — généreusement (laque et douceur)
- Baies de genièvre — une poignée écrasée (aromate forestier)
- Sel — ce qu'il faut (assaisonnement)
- Graisse de porc — pour badigeonner (matière grasse)
Ingrédients
- Cuissot de sanglier ou rôti d'épaule de porc — 1,5 kg (viande maîtresse)
- Miel — 4 c. à soupe (laque)
- Baies de genièvre — 2 c. à soupe (aromate)
- Sel — 2 c. à café (assaisonnement)
- Saindoux (ou huile) — 2 c. à soupe (matière grasse)
- Eau ou bière — 200 ml (fond d'arrosage)
Préparation
- Sortez la viande 1 h avant. Écrasez les baies de genièvre au mortier avec le sel.
- Frottez tout le morceau de saindoux fondu puis du mélange genièvre-sel. Laissez reposer 30 min.
- Préchauffez le four à 160 °C. Déposez la viande sur une grille au-dessus d'un plat, versez l'eau ou la bière dans le plat.
- Rôtissez 2 h à 2 h 30 (environ 1 h par 500 g) en arrosant toutes les 30 min avec le jus.
- Dans le dernier quart d'heure, montez à 200 °C et badigeonnez généreusement de miel à deux ou trois reprises pour laquer la surface.
- Laissez reposer 15 min sous une feuille avant de trancher. Servez avec le jus de cuisson.
Comment on faisait : Le gibier — sanglier, cerf, chevreuil — était au cœur des banquets aristocratiques francs, où le partage de la viande matérialisait la hiérarchie et la loyauté. On rôtissait les pièces à la broche au-dessus du foyer ou dans des fosses. Le genièvre, baie locale, comptait parmi les rares aromates du Nord ; le miel servait à la fois de sucrant et de conservateur.
Le twist contemporain : Dressez sur une planche de bois brut comme à un festin mérovingien, viande tranchée en éventail, jus en petit pot de grès, et quelques baies de genièvre éparpillées pour le décor.
Sources : Grégoire de Tours, Histoire des Francs (Decem libri historiarum) · Bruno Dumézil, Les royaumes barbares en Occident
Basine de Thuringe · Charactorium