La carte de Carlos Fuentes
Tamales de mole
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Antojito de maíz (en-cas de maïs enveloppé)

Tamales de mole

VoyageDocumentée🌶️ 🧂moyen1 h 45
Antojito de maíz (en-cas de maïs enveloppé)

Tamales de mole

Pourquoi ce plat ? Le tamal est la nourriture nomade par excellence : enveloppé dans sa feuille de maïs, il se transporte, se réchauffe à la vapeur et se mange partout, du marché à la gare. Pour Fuentes le diplomate, l'homme aux multiples résidences — Panama, Washington, Genève, Paris, Mexico —, ce paquet de maïs portatif est l'image même du Mexique qu'on emporte avec soi en exil, une patrie pliée dans une feuille.

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Antojito de maíz (en-cas de maïs enveloppé)

Une pâte de maïs (masa) battue jusqu'à devenir aérienne, fourrée de poulet au mole, enveloppée dans des feuilles de maïs et cuite à la vapeur.

Tenez, prenez-en un pour la route : le tamal voyage comme moi, plié dans sa feuille, prêt à traverser les frontières. J'en ai mangé dans les ambassades comme sur les marchés, et toujours le même prodige : la masa battue jusqu'à ce qu'une boulette flotte dans l'eau, signe qu'elle est prête. Ma grand-mère disait qu'un tamal sent quand on est fâché et refuse alors de cuire — alors on chantait devant la vapeur. Déficelez la feuille avec patience : c'est un petit Mexique que l'on déballe loin de chez soi.
Carlos Fuentes
Ingrédients
  • Masa de maïs nixtamaliséune grande quantité (pâte enveloppante)
  • Saindouxgénéreusement (lèvre et moelleux de la masa)
  • Bouillon de volaillepour détendre (liquide de la pâte)
  • Poulet effilochéselon le nombre de tamales (farce)
  • Mole (chiles séchés, épices, graines, un peu de chocolat amer)une louche par tamal (sauce de la farce)
  • Feuilles de maïs séchéesautant que de tamales (emballage, trempées)
Comment on faisait : Le tamal est préhispanique : on enveloppait dès l'époque mexica la masa de maïs nixtamalisé dans des feuilles de maïs ou de bananier pour la cuire à la vapeur, nourriture rituelle et de voyage. Le mole, lui, est métis — il marie chiles indigènes, épices du Vieux Monde et un soupçon de cacao. Battre la masa au saindoux à la main pendant longtemps était la garantie d'un tamal léger.
Sources : Diana Kennedy, The Art of Mexican Cooking · Ricardo Muñoz Zurita, Diccionario enciclopédico de la gastronomía mexicana

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