La carte de Catherine de Médicis
Service chaud du banchetto (plat noble du second service)

Ragoût d'artichauts, crêtes et rognons de coq

FestifDocumentée🧂 🍄 ☕difficile50 min

Un ragoût fin où les fonds d'artichaut, légèrement amers, fondent dans un bouillon liée au verjus et aux épices douces, rehaussé des crêtes et rognons de coq, abats raffinés très prisés des tables princières.

Service chaud du banchetto (plat noble du second service)

Un ragoût fin où les fonds d'artichaut, légèrement amers, fondent dans un bouillon liée au verjus et aux épices douces, rehaussé des crêtes et rognons de coq, abats raffinés très prisés des tables princières.

Sachez, ami lecteur, que nul mets ne me ravit autant que celui-ci. En ma jeunesse florentine, l'on cultivait déjà ces carciofi que les Français ne connaissaient point, et je les fis venir jusqu'en mon jardin. Faites cuire les fonds en bouillon gras, joignez-y crêtes et rognons de coq blanchis, puis liez le tout de verjus, de sucre et d'un peu de canelle. Je vous l'avoue sans honte : j'en eus telle goinfrerie un soir de noces que je crus en trépasser — mais quel délice, par la Madone !
Catherine de Médicis
Ingrédients
  • Fonds d'artichautune douzaine (base du ragoût, douceur amère)
  • Crêtes et rognons de coqune bonne poignée (abats nobles, texture fondante)
  • Bouillon de chaponà couvrir (liquide de cuisson gras)
  • Verjusun demi-godet (acidité, équilibre)
  • Sucre et canelleune pincée (épice douce de cour)
  • Beurre fraisune noix (liaison)
Comment on faisait : Au XVIe siècle, les crêtes et rognons de coq étaient des abats de prestige, longuement blanchis puis mijotés. L'usage du sucre et de la cannelle dans un plat salé était la marque des tables aristocratiques, où le sucre restait un luxe ostentatoire.
Sources : Bartolomeo Scappi, Opera dell'arte del cucinare (1570) · Pierre de L'Estoile, Journal (mention du festin de 1575)