La carte de Charles Baudelaire
La soupe à l'oignon des nuits blanches
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La gargote du petit matin — le réconfort des noctambules sans le sou

La soupe à l'oignon des nuits blanches

QuotidienReconstitution🍄 🧂moyen1 h
La gargote du petit matin — le réconfort des noctambules sans le sou

La soupe à l'oignon des nuits blanches

Pourquoi ce plat ? Poète de la nuit et des errances parisiennes, Baudelaire connaissait les petites heures où la faim et le spleen vous tiennent compagnie. La soupe à l'oignon, plat des Halles et des noctambules, réchauffait les ventres vides à bon marché — la nourriture du peuple et des artistes désargentés.

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La gargote du petit matin — le réconfort des noctambules sans le sou

Des oignons longuement fondus jusqu'au caramel, mouillés de bouillon et d'un trait de vin, gratinés sous une croûte de pain rassis et de fromage. Le plat des fins de nuit.

Aux petites heures, quand les estaminets ferment et que la faim me tient compagnie, rien ne console comme un bol de soupe à l'oignon. On la sert brûlante du côté des Halles, coiffée d'une croûte dorée qui file sous la cuiller. Je m'y suis réchauffé plus d'une nuit de débine, l'esprit lourd et la bourse vide. Mangez-la sans honte, mon ami : la misère a ses fastes.
Charles Baudelaire
Ingrédients
  • Oignonsplusieurs, en lamelles (base sucrée-fondante)
  • Beurreune bonne noix (cuisson)
  • Bouillonà couvrir (liquide)
  • Vin blancun trait (déglacer)
  • Pain rassisquelques tranches (croûte)
  • Fromage à gratiner (gruyère)une poignée râpée (gratin)
Comment on faisait : La soupe à l'oignon gratinée était au XIXe siècle le plat emblématique du quartier des Halles : on la servait aux travailleurs de nuit, aux fêtards et aux pauvres dans des bouillons ouverts jusqu'au petit matin. Économique et nourrissante, elle tenait chaud aux corps et aux âmes.

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