La carte de Charles Perrault
Entrée / provision de garde-manger

Petit salé du garde-manger

ConservationReconstitution🧂 🫙moyen1 h 45 de cuisson (+ 4 à 7 jours de salage)

Une poitrine de porc longuement frottée de sel, de salpêtre et d'aromates, qui se conserve des semaines, puis se cuit doucement avec des légumes. Le réflexe de conservation d'avant le réfrigérateur.

Entrée / provision de garde-manger

Une poitrine de porc longuement frottée de sel, de salpêtre et d'aromates, qui se conserve des semaines, puis se cuit doucement avec des légumes. Le réflexe de conservation d'avant le réfrigérateur.

Avant que l'hiver ne ferme les chemins et ne renchérisse tout au marché, l'homme prévoyant garnit son garde-manger. Prenez une belle pièce de porc, frottez-la de gros sel sans rien épargner, ajoutez le laurier, le genièvre, le thym de la garrigue, et laissez le sel faire son lent ouvrage dans un cuvier au frais. Au fort de la mauvaise saison, vous la dessalerez à l'eau claire et la ferez mitonner avec des choux : voilà un mets qui ne coûte rien et nourrit toute une maisonnée. La sagesse, voyez-vous, se cuisine d'avance.
Charles Perrault
Ingrédients
  • Poitrine de porcune belle pièce (viande)
  • Gros selabondamment (conservation)
  • Salpêtreune pointe (couleur et garde)
  • Baies de genièvreune poignée (aromate)
  • Laurier et thymquelques branches (aromate)
  • Chouxselon la maisonnée (accompagnement)
Comment on faisait : Sans froid artificiel, la salaison était LA technique de conservation de la viande. Le salpêtre (nitrate) gardait la couleur rose et empêchait le pourrissement ; on le connaissait empiriquement bien avant d'en comprendre la chimie. Les villes comme Paris dépendaient de ces réserves pour traverser l'hiver.
Sources : Nicolas de Bonnefons, Les Délices de la campagne, 1654 · La Varenne, Le Cuisinier françois, 1651