Chocolat chaud épicé à la mode de cour
Une boisson chaude, riche et mousseuse, où la pâte de cacao est battue au moulinet (molinillo) dans l'eau ou le lait, sucrée à la canne et parfumée de cannelle et de cardamome — le plaisir matinal et mondain des grands.
Une boisson chaude, riche et mousseuse, où la pâte de cacao est battue au moulinet (molinillo) dans l'eau ou le lait, sucrée à la canne et parfumée de cannelle et de cardamome — le plaisir matinal et mondain des grands.
Voici, Madame, le breuvage qui fait fureur dans toutes les cours qui se respectent. On bat la pâte de cacao au moulinet jusqu'à ce qu'une belle écume se lève — c'est à cette mousse qu'on juge le service. Je le veux relevé de cannelle et d'un grain de cardamome, point trop sucré, et servi brûlant dans la porcelaine fine. On le prend le matin ou après le concert ; il réchauffe l'esprit autant que le corps, et chacun, à le siroter, se sent un peu prince.
- •Pâte de cacao (tablette à fondre) — un morceau par tasse (base du chocolat)
- •Sucre de canne — selon le goût (douceur)
- •Cannelle en bâton — un éclat (parfum)
- •Cardamome — quelques grains (parfum oriental)
- •Eau ou lait — à discrétion (liquide)
Chocolat chaud épicé à la mode de cour
Une boisson chaude, riche et mousseuse, où la pâte de cacao est battue au moulinet (molinillo) dans l'eau ou le lait, sucrée à la canne et parfumée de cannelle et de cardamome — le plaisir matinal et mondain des grands.
Pourquoi ce plat ? Au début du XVIIIe siècle, le chocolat à boire est le luxe mondain dont les cours allemandes raffolent, sur le modèle de Versailles et des cours d'Espagne. Pour un margrave qui imite l'étiquette française, en servir dans des tasses fines fait partie du décorum aristocratique au même titre que la musique et le carrosse d'apparat.
Voici, Madame, le breuvage qui fait fureur dans toutes les cours qui se respectent. On bat la pâte de cacao au moulinet jusqu'à ce qu'une belle écume se lève — c'est à cette mousse qu'on juge le service. Je le veux relevé de cannelle et d'un grain de cardamome, point trop sucré, et servi brûlant dans la porcelaine fine. On le prend le matin ou après le concert ; il réchauffe l'esprit autant que le corps, et chacun, à le siroter, se sent un peu prince.
Ingrédients (version d’époque)
- Pâte de cacao (tablette à fondre) — un morceau par tasse (base du chocolat)
- Sucre de canne — selon le goût (douceur)
- Cannelle en bâton — un éclat (parfum)
- Cardamome — quelques grains (parfum oriental)
- Eau ou lait — à discrétion (liquide)
Ingrédients
- Chocolat noir 70 % haché (ou cacao en pâte) — 80 g (base)
- Lait entier — 50 cl (liquide)
- Sucre — 1 à 2 c. à soupe (douceur, à doser)
- Cannelle — 1 bâton ou 1 pincée moulue (parfum)
- Cardamome — 2 gousses écrasées (parfum)
Préparation
- Chauffer doucement le lait avec la cannelle et la cardamome sans bouillir ; laisser infuser 5 min.
- Filtrer, remettre sur feu doux et faire fondre le chocolat haché en fouettant.
- Sucrer à votre goût (le chocolat de cour était amer, peu sucré).
- Battre vigoureusement au fouet (ou au mixeur plongeant) pour lever une mousse abondante.
- Servir aussitôt, brûlant, dans des tasses fines.
Comment on faisait : Importé d'Amérique via l'Espagne, le cacao se buvait battu au molinillo dans des chocolatières dédiées. Amer à l'origine, on l'adoucissait au sucre de canne et le parfumait de cannelle, de vanille ou d'épices. Au début du XVIIIe siècle, c'était un marqueur social fort, réservé aux élites des cours européennes.
Le twist contemporain : Servir en petite tasse de porcelaine bleue avec un copeau de chocolat planté sur la mousse, et un bâton de cannelle en touillette « baguette de chef d'orchestre ».
Christian Ludwig de Brandebourg · Charactorium
