Le thé de la reine, servi à la mode de Chine
Une infusion de thé vert ou noir, encore amère et sans lait à cette époque, servie brûlante dans de minuscules tasses de porcelaine, parfois adoucie d'un morceau de sucre candi cassé à la pince.
Une infusion de thé vert ou noir, encore amère et sans lait à cette époque, servie brûlante dans de minuscules tasses de porcelaine, parfois adoucie d'un morceau de sucre candi cassé à la pince.
Approchez-vous, et prenez place à ma table de thé. Voyez comme ces feuilles, venues de si loin par nos vaisseaux des Indes, valent leur pesant d'argent : aussi les garde-t-on enfermées, et c'est de ma propre main que j'en mesure la juste pincée. On verse l'eau frémissante, point bouillante, sur les feuilles, et l'on attend que la liqueur prenne sa belle couleur d'ambre. Je la prends claire et amère, comme il sied, quoique d'aucunes dames y brisent un éclat de sucre candi. C'est là, croyez-moi, le plus civil des plaisirs qu'une reine se puisse accorder.
- •Feuilles de thé de Chine (vert ou bohea) — une pincée mesurée (base aromatique)
- •Eau de source frémissante — ce qu'il faut (infusion)
- •Sucre candi — au goût, brisé à la pince (adoucissant facultatif)
Le thé de la reine, servi à la mode de Chine
Une infusion de thé vert ou noir, encore amère et sans lait à cette époque, servie brûlante dans de minuscules tasses de porcelaine, parfois adoucie d'un morceau de sucre candi cassé à la pince.
Pourquoi ce plat ? Anne raffolait du thé, boisson alors si chère qu'on la conservait sous clé. Servi dans son service en porcelaine de Chine lors de réceptions de cour codifiées, le thé était au cœur de sa vie sociale et féminine, loin du tumulte des affaires de Westminster.
Approchez-vous, et prenez place à ma table de thé. Voyez comme ces feuilles, venues de si loin par nos vaisseaux des Indes, valent leur pesant d'argent : aussi les garde-t-on enfermées, et c'est de ma propre main que j'en mesure la juste pincée. On verse l'eau frémissante, point bouillante, sur les feuilles, et l'on attend que la liqueur prenne sa belle couleur d'ambre. Je la prends claire et amère, comme il sied, quoique d'aucunes dames y brisent un éclat de sucre candi. C'est là, croyez-moi, le plus civil des plaisirs qu'une reine se puisse accorder.
Ingrédients (version d’époque)
- Feuilles de thé de Chine (vert ou bohea) — une pincée mesurée (base aromatique)
- Eau de source frémissante — ce qu'il faut (infusion)
- Sucre candi — au goût, brisé à la pince (adoucissant facultatif)
Ingrédients
- Thé noir nature en feuilles (type Keemun) ou thé vert — 1 cuil. à café par tasse (base aromatique)
- Eau filtrée — 20 cl par tasse, à 85–90 °C (infusion)
- Sucre candi ou sucre roux — 1 morceau facultatif (adoucissant)
Préparation
- Chauffer l'eau sans la faire bouillir à gros bouillons (85–90 °C).
- Ébouillanter d'abord la théière vide pour la réchauffer, puis la vider.
- Déposer le thé et verser l'eau chaude par-dessus.
- Laisser infuser 3 minutes pour le thé noir, 2 minutes pour le vert.
- Verser dans de petites tasses de porcelaine, sans lait, et présenter le sucre candi à part.
Comment on faisait : Au temps d'Anne, le thé arrivait par la Compagnie des Indes orientales et coûtait une fortune ; on le servait pur, à la chinoise, l'ajout de lait ne se généralisant que plus tard dans le siècle. La maîtresse de maison préparait elle-même le thé devant ses invités, geste de prestige, à partir d'une boîte fermant à clé.
Le twist contemporain : Servez-le aujourd'hui dans une tasse fine translucide avec, à côté, un seul carré de sucre candi ambré : un clin d'œil minimaliste au luxe enfermé sous clé de la reine.
Sources : Patrick Lamb, Royal Cookery: or, The Compleat Court-Cook (1710) · Markman Ellis, The Coffee House: A Cultural History (2004)
Anne de Grande-Bretagne · Charactorium