La carte de Christophe Colomb
Plat d'honneur du banquet — mets prestigieux servi aux tables nobles lors des fêtes et des grands repas de cour

Manjar blanco (blanc-manger d'amande et de poule)

FestifDocumentée🍯 🌶️moyen45 min

Une crème onctueuse et délicate, d'un blanc immaculé, faite de blanc de volaille effiloché, de lait d'amande, de riz pilé et de sucre, parfumée à l'eau de rose et saupoudrée de cannelle. Mi-salé mi-sucré, étonnant pour le palais d'aujourd'hui, c'est le sommet de la cuisine raffinée médiévale et Renaissance.

Plat d'honneur du banquet — mets prestigieux servi aux tables nobles lors des fêtes et des grands repas de cour

Une crème onctueuse et délicate, d'un blanc immaculé, faite de blanc de volaille effiloché, de lait d'amande, de riz pilé et de sucre, parfumée à l'eau de rose et saupoudrée de cannelle. Mi-salé mi-sucré, étonnant pour le palais d'aujourd'hui, c'est le sommet de la cuisine raffinée médiévale et Renaissance.

Lorsque Leurs Altesses, le Roi Ferdinand et la Reine Isabelle, me firent l'honneur de me recevoir à leur table après mon retour des Indes, on y servit ce blanc-manger digne des plus grands princes. Vois quelle merveille : la chair de poule devenue douce comme une crème, blanchie au lait d'amande, sucrée et parfumée d'eau de rose, et coiffée de cette cannelle d'Orient que je rêvais justement d'aller quérir par-delà l'océan. C'est un mets de paix et de gloire, qu'on ne sert qu'aux jours bénis. Goûte-le et tu comprendras pourquoi les hommes traversent les mers pour de telles épices.
Christophe Colomb
Ingrédients
  • Blanc de poule cuiteffiloché finement (base protéinée)
  • Lait d'amandeabondant (liquide et liant)
  • Riz pilé (farine de riz)pour épaissir (liant)
  • Sucregénéreux (douceur)
  • Eau de roseun trait (parfum)
  • Cannellepour saupoudrer (épice signature)
Comment on faisait : Le manjar blanco (blancmange) figure dans presque tous les grands recueils culinaires européens du Moyen Âge tardif et de la Renaissance. L'amande, le sucre et les épices d'Orient en faisaient un plat coûteux, réservé aux nobles et aux jours de fête. Au fil des siècles, la volaille disparaîtra et il deviendra un simple entremets sucré — l'ancêtre direct du blanc-manger dessert.
Sources : Ruperto de Nola, Libro de Cozina (vers 1520) · Maestro Martino, Libro de arte coquinaria (XVe siècle)