retournerPullum Numidicum — poulet aux dattes et au poivre
Pullum Numidicum — poulet aux dattes et au poivre
Pourquoi ce plat ? Sénateur consulaire, Cicéron recevait beaucoup : sa correspondance regorge de dîners, d'invitations et même de plaintes lorsqu'un convive l'indispose. Pour ces cenae où se nouait la politique romaine, on servait des volailles travaillées en sauce sucrée-salée, sommet du raffinement de l'élite. Le contraste avec sa puls quotidienne dit tout du personnage : frugal par principe, hôte généreux par devoir.
Poulet rôti puis nappé d'une sauce typiquement romaine : garum, miel et defrutum mariés au poivre, à la livèche et aux dattes fondues. L'archétype du sucré-salé-épicé qui faisait la gloire des banquets.
Quand je reçois à ma table un homme dont dépend le sort de la République, croyez bien que je ne lui sers pas de la bouillie. On fait dorer la volaille, puis on la baigne d'une sauce où le garum épouse le miel et le suc de raisin réduit, relevée de ce poivre venu des confins de l'Orient que nos marchands rapportent à prix d'or. Une seule règle, que je tiens de mes propres cuisiniers : la sauce doit napper la cuillère sans la noyer, car l'excès en cuisine comme à la tribune est le pire des défauts.
- •Poulet (pullus) — un, en morceaux (viande)
- •Garum (liquamen) — un peu (sel umami)
- •Miel — une cuillerée (douceur)
- •Defrutum (moût de raisin réduit) — un trait (sirop acidulé)
- •Dattes dénoyautées — une poignée (fondant sucré)
- •Poivre, livèche, cumin — selon goût (épices)
- •Vin blanc — un verre (déglaçage)
Pullum Numidicum — poulet aux dattes et au poivre
Poulet rôti puis nappé d'une sauce typiquement romaine : garum, miel et defrutum mariés au poivre, à la livèche et aux dattes fondues. L'archétype du sucré-salé-épicé qui faisait la gloire des banquets.
Pourquoi ce plat ? Sénateur consulaire, Cicéron recevait beaucoup : sa correspondance regorge de dîners, d'invitations et même de plaintes lorsqu'un convive l'indispose. Pour ces cenae où se nouait la politique romaine, on servait des volailles travaillées en sauce sucrée-salée, sommet du raffinement de l'élite. Le contraste avec sa puls quotidienne dit tout du personnage : frugal par principe, hôte généreux par devoir.
Quand je reçois à ma table un homme dont dépend le sort de la République, croyez bien que je ne lui sers pas de la bouillie. On fait dorer la volaille, puis on la baigne d'une sauce où le garum épouse le miel et le suc de raisin réduit, relevée de ce poivre venu des confins de l'Orient que nos marchands rapportent à prix d'or. Une seule règle, que je tiens de mes propres cuisiniers : la sauce doit napper la cuillère sans la noyer, car l'excès en cuisine comme à la tribune est le pire des défauts.
Ingrédients (version d’époque)
- Poulet (pullus) — un, en morceaux (viande)
- Garum (liquamen) — un peu (sel umami)
- Miel — une cuillerée (douceur)
- Defrutum (moût de raisin réduit) — un trait (sirop acidulé)
- Dattes dénoyautées — une poignée (fondant sucré)
- Poivre, livèche, cumin — selon goût (épices)
- Vin blanc — un verre (déglaçage)
Ingrédients
- Cuisses et hauts de cuisse de poulet — 6 morceaux (viande)
- Sauce de poisson (garum/nuoc-mâm) — 1,5 c. à soupe (assaisonnement)
- Miel — 1 c. à soupe (douceur)
- Jus de raisin réduit de moitié (ou sirop de raisin/saba) — 2 c. à soupe (acidulé sucré)
- Dattes Medjool dénoyautées — 6 (fondant)
- Poivre noir moulu — 1/2 c. à café (épice)
- Graines de céleri (à défaut de livèche) + cumin — 1/4 c. à café chacun (épices)
- Vin blanc sec — 150 ml (sauce)
- Huile d'olive — 2 c. à soupe (cuisson)
Préparation
- Saisissez les morceaux de poulet dans l'huile d'olive jusqu'à belle coloration, réservez.
- Déglacez au vin blanc, ajoutez la sauce de poisson, le miel et le jus de raisin réduit.
- Incorporez les épices (poivre, cumin, graines de céleri) et les dattes coupées en petits morceaux.
- Remettez le poulet, couvrez et laissez mijoter 25 à 30 min : les dattes fondent et lient la sauce.
- Faites réduire à découvert quelques minutes pour une sauce nappante. Servez chaud.
Comment on faisait : La recette s'inspire de l'Apicius (De re coquinaria), recueil compilé après Cicéron mais qui codifie une cuisine d'élite déjà bien installée à la fin de la République. On y mariait systématiquement garum, miel et defrutum, et l'on pilait les épices au mortier. Le poivre, importé d'Inde, était un marqueur de richesse.
Le twist contemporain : Parsemez d'éclats de datte rôtie et d'un peu de zeste : un « poulet au miel romain » qui tient tête aux tajines d'aujourd'hui.
Sources : Apicius, De re coquinaria (compilation tardive d'une cuisine d'élite plus ancienne)
Cicéron · Charactorium





