Vino annacquato al miele — le vin coupé d'eau
Un gobelet de vin rouge léger noyé dans l'eau de source, à peine teinté, qu'on adoucit parfois d'une pointe de miel les jours de fête. Désaltérant, faiblement acidulé, c'est la boisson de la mesure plus que du plaisir.
Un gobelet de vin rouge léger noyé dans l'eau de source, à peine teinté, qu'on adoucit parfois d'une pointe de miel les jours de fête. Désaltérant, faiblement acidulé, c'est la boisson de la mesure plus que du plaisir.
Vois comme ma coupe est presque transparente : je verse à peine un doigt de vin et je le noie d'eau claire, car la Pauvre Dame ne boit pas pour son contentement mais pour soutenir sa faiblesse. Aux grandes fêtes, j'y laisse fondre une larme de miel, et cela suffit à réjouir le cœur sans troubler l'esprit. Bois ainsi, mesurément, et tu garderas la tête assez nette pour la prière de la nuit.
- •Vin rouge léger d'Ombrie — un doigt (base, très minoritaire)
- •Eau de source — trois à quatre fois plus (dilution (tempérance et hygiène))
- •Miel — une pointe (jours de fête) (douceur facultative)
Vino annacquato al miele — le vin coupé d'eau
Un gobelet de vin rouge léger noyé dans l'eau de source, à peine teinté, qu'on adoucit parfois d'une pointe de miel les jours de fête. Désaltérant, faiblement acidulé, c'est la boisson de la mesure plus que du plaisir.
Pourquoi ce plat ? Le régime de Claire ne connaît que « l'eau, ou parfois du vin très coupé ». Boire le vin largement allongé d'eau était à la fois une mesure d'hygiène (l'eau pure n'était pas sûre) et un acte de tempérance : on ne s'enivre pas, on humecte à peine le pain.
Vois comme ma coupe est presque transparente : je verse à peine un doigt de vin et je le noie d'eau claire, car la Pauvre Dame ne boit pas pour son contentement mais pour soutenir sa faiblesse. Aux grandes fêtes, j'y laisse fondre une larme de miel, et cela suffit à réjouir le cœur sans troubler l'esprit. Bois ainsi, mesurément, et tu garderas la tête assez nette pour la prière de la nuit.
Ingrédients (version d’époque)
- Vin rouge léger d'Ombrie — un doigt (base, très minoritaire)
- Eau de source — trois à quatre fois plus (dilution (tempérance et hygiène))
- Miel — une pointe (jours de fête) (douceur facultative)
Ingrédients
- Vin rouge léger et peu alcoolisé — 5 cl (base)
- Eau fraîche de source — 15 à 20 cl (dilution)
- Miel liquide — 1/2 c. à café (facultatif) (adoucir les jours de fête)
- Zeste d'orange amère (facultatif) — 1 éclat (parfum médiéval)
Préparation
- Si vous le souhaitez sucré, délayez d'abord le miel dans un peu d'eau tiède puis laissez refroidir.
- Versez le vin dans un gobelet de terre ou de verre épais.
- Allongez largement d'eau fraîche (3 à 4 volumes d'eau pour 1 de vin) jusqu'à obtenir une teinte rosée très pâle.
- Ajoutez l'eau miellée et un éclat de zeste si désiré, remuez et servez frais.
- À consommer avec modération, en trempant éventuellement un morceau de pain.
Comment on faisait : Couper le vin d'eau est une habitude héritée de l'Antiquité gréco-romaine et perpétuée tout le Moyen Âge : boire « pur » passait pour excessif, voire dangereux. Dans les ordres religieux, la mesure de vin était strictement réglée par la règle, et les pénitents l'allongeaient à l'extrême. L'eau seule étant souvent insalubre, ce mélange faiblement alcoolisé assainissait la boisson.
Le twist contemporain : Version sans alcool : un trait de jus de raisin rouge dans de l'eau pétillante avec un zeste d'orange — une « eau de fête » claustrale parfaite pour toute la tablée, enfants compris.
Sources : Massimo Montanari, La faim et l'abondance. Histoire de l'alimentation en Europe · Règle de sainte Claire (Regula Sanctae Clarae), approuvée en 1253
Claire d'Assise · Charactorium

