Wojápi — compote épaisse de cerises de Virginie
Une compote épaisse et sombre de cerises de Virginie mijotées et liées, à mi-chemin entre la confiture et le pudding. On la mange à la cuillère ou on y trempe du pain frit, lors des rassemblements et des cérémonies.
Une compote épaisse et sombre de cerises de Virginie mijotées et liées, à mi-chemin entre la confiture et le pudding. On la mange à la cuillère ou on y trempe du pain frit, lors des rassemblements et des cérémonies.
Les jours où les bandes se rassemblent, où les feux sont nombreux et les chants montent jusqu'aux étoiles, les femmes préparent le wojápi. Elles font cuire les čhaŋpȟá jusqu'à ce qu'ils deviennent sombres et épais comme la terre après la pluie. C'est doux, c'est âpre, c'est la couleur de la fin de l'été. On le partage : un campement réuni est un campement riche, et le riche se reconnaît à ce qu'il donne.
- •Cerises de Virginie (čhaŋpȟá) — un grand panier (base, fruit)
- •Eau de source — de quoi couvrir (cuisson)
- •Farine de racines (timpsila) — une poignée (liant)
- •Miel sauvage (selon disponibilité) — un filet (douceur)
Wojápi — compote épaisse de cerises de Virginie
Une compote épaisse et sombre de cerises de Virginie mijotées et liées, à mi-chemin entre la confiture et le pudding. On la mange à la cuillère ou on y trempe du pain frit, lors des rassemblements et des cérémonies.
Pourquoi ce plat ? Lors des grandes danses du soleil et des conseils où se réunissaient les bandes lakota — comme celui qui précéda l'été de Little Bighorn —, le wojápi circulait de main en main. Cette douceur de fruits sauvages marquait les jours de fête et l'abondance d'un campement réuni.
Les jours où les bandes se rassemblent, où les feux sont nombreux et les chants montent jusqu'aux étoiles, les femmes préparent le wojápi. Elles font cuire les čhaŋpȟá jusqu'à ce qu'ils deviennent sombres et épais comme la terre après la pluie. C'est doux, c'est âpre, c'est la couleur de la fin de l'été. On le partage : un campement réuni est un campement riche, et le riche se reconnaît à ce qu'il donne.
Ingrédients (version d’époque)
- Cerises de Virginie (čhaŋpȟá) — un grand panier (base, fruit)
- Eau de source — de quoi couvrir (cuisson)
- Farine de racines (timpsila) — une poignée (liant)
- Miel sauvage (selon disponibilité) — un filet (douceur)
Ingrédients
- Cerises ou mûres + airelles — 500 g (base, fruit)
- Eau — 25 cl (cuisson)
- Fécule de maïs ou de pomme de terre — 1 c. à soupe (liant)
- Miel — 2 à 3 c. à soupe (douceur)
Préparation
- Dénoyauter les fruits (impératif aujourd'hui) et les mettre à cuire avec l'eau à feu doux.
- Écraser à la cuillère et laisser réduire 20 minutes jusqu'à une compote foncée.
- Délayer la fécule dans un peu d'eau froide, l'incorporer et cuire 2 minutes en remuant jusqu'à épaississement.
- Sucrer au miel selon le goût, à peine — le wojápi reste âpre et fruité.
- Servir tiède, seul à la cuillère ou avec un pain frit pour saucer.
Comment on faisait : Le wojápi traditionnel était lié avec de la farine de racines (timpsila) avant l'arrivée de la farine de blé par le commerce. Les cerises de Virginie étaient séchées en galettes pour l'hiver, puis réhydratées et cuites. La version moderne avec fécule reproduit la même texture.
Le twist contemporain : Dresser en verrine avec une quenelle de crème et l'appeler par son nom lakota — un dessert sauvage du XIXe siècle qui n'a rien à envier aux coulis d'aujourd'hui.
Sources : Standing Bear, L., 'Land of the Spotted Eagle' (1933) · Kindscher, K., 'Edible Wild Plants of the Prairie' (1987)
Crazy Horse · Charactorium
