La bouillie punique au fromage frais et au miel (puls punica)
Une bouillie crémeuse de grains d'épeautre concassé, enrichie de fromage frais et adoucie de miel, liée d'un œuf. Réconfortante, à la fois douce et salée, c'est le déjeuner des bâtisseurs comme des rois.
Une bouillie crémeuse de grains d'épeautre concassé, enrichie de fromage frais et adoucie de miel, liée d'un œuf. Réconfortante, à la fois douce et salée, c'est le déjeuner des bâtisseurs comme des rois.
Approche, étranger, et ne te fie pas à sa simplicité. Quand mes Tyriens débarquèrent sur cette colline qui sera Carthage, c'est cette bouillie qui nous tint debout, le ventre plein avant l'ouvrage. On fait gonfler le grain dans l'eau jusqu'à ce qu'il devienne tendre comme un nuage, puis on y noie le fromage frais et le miel de nos collines, et l'on jette un œuf pour la lier. Goûte : le doux et le salé s'embrassent, comme la terre nouvelle embrasse la mer qui m'a portée jusqu'ici.
- •Grain d'épeautre (alica) concassé — une bonne poignée par convive (base nourrissante)
- •Fromage frais de brebis ou de chèvre — quelques morceaux (richesse et liant)
- •Miel — à discrétion (douceur)
- •Œuf — un (liant)
- •Eau de source — selon la cuisson (cuisson)
La bouillie punique au fromage frais et au miel (puls punica)
Une bouillie crémeuse de grains d'épeautre concassé, enrichie de fromage frais et adoucie de miel, liée d'un œuf. Réconfortante, à la fois douce et salée, c'est le déjeuner des bâtisseurs comme des rois.
Pourquoi ce plat ? Carthage naissante vivait de ses champs d'orge et d'épeautre autant que de la mer. Cette bouillie, que les Romains eux-mêmes nommaient « punique » tant ils la savaient carthaginoise, est le plat du foyer que Didon partageait avec son peuple de colons phéniciens, entre deux décisions de reine bâtisseuse.
Approche, étranger, et ne te fie pas à sa simplicité. Quand mes Tyriens débarquèrent sur cette colline qui sera Carthage, c'est cette bouillie qui nous tint debout, le ventre plein avant l'ouvrage. On fait gonfler le grain dans l'eau jusqu'à ce qu'il devienne tendre comme un nuage, puis on y noie le fromage frais et le miel de nos collines, et l'on jette un œuf pour la lier. Goûte : le doux et le salé s'embrassent, comme la terre nouvelle embrasse la mer qui m'a portée jusqu'ici.
Ingrédients (version d’époque)
- Grain d'épeautre (alica) concassé — une bonne poignée par convive (base nourrissante)
- Fromage frais de brebis ou de chèvre — quelques morceaux (richesse et liant)
- Miel — à discrétion (douceur)
- Œuf — un (liant)
- Eau de source — selon la cuisson (cuisson)
Ingrédients
- Épeautre ou petit épeautre décortiqué — 120 g (base)
- Ricotta ou brousse de brebis — 150 g (richesse et liant)
- Miel (thym ou fleur d'oranger) — 2 c. à soupe (douceur)
- Œuf — 1 (liant)
- Eau — 700 ml (cuisson)
- Sel — 1 pincée (équilibre)
Préparation
- Rincez l'épeautre, couvrez-le d'eau salée et laissez cuire à feu doux 40 à 50 min, en remuant, jusqu'à obtenir une bouillie tendre.
- Hors du feu mais encore très chaude, incorporez la ricotta en fouettant pour la fondre dans les grains.
- Ajoutez le miel, puis l'œuf battu en filet en remuant vivement pour qu'il lie sans cuire en grumeaux.
- Remettez 1 à 2 min sur feu très doux jusqu'à épaississement crémeux.
- Servez tiède dans un bol de terre, un filet de miel par-dessus.
Comment on faisait : Caton l'Ancien, dans son De Agricultura (IIe s. av. J.-C.), donne la recette de la puls punica : on fait tremper de l'alica (épeautre concassé), on y ajoute fromage frais, miel et un œuf. Le nom même, « punique », trahit son origine carthaginoise — Rome a recopié la cuisine de l'ennemie autant qu'elle l'a combattue.
Le twist contemporain : Servez-la en petit pot façon dessert du matin, avec quelques figues rôties et des éclats d'amande grillée : un porridge antique pour table contemporaine.
Sources : Caton l'Ancien, De Agricultura, LXXXV (puls punica)
Didon · Charactorium