La carte de Du Fu
Fàn du matin — le grain-socle réconfortant

Bouillie de millet aux herbes sauvages (野菜粥)

QuotidienDocumentée☕ 🧂facile50 min

Une bouillie tiède et soyeuse de millet, où fondent des herbes amères ramassées dans les champs. On la mange brûlante, à petites lampées, pour tromper le froid et la disette.

Fàn du matin — le grain-socle réconfortant

Une bouillie tiède et soyeuse de millet, où fondent des herbes amères ramassées dans les champs. On la mange brûlante, à petites lampées, pour tromper le froid et la disette.

Approche, et ne te moque pas de ma table nue. Le millet, je le fais bouillir longtemps, longtemps, jusqu'à ce qu'un grain en nourrisse dix ; c'est l'art du pauvre que d'étirer le peu. J'ajoute les herbes que mes fils ont arrachées au talus — un peu amères, mais le ventre vide ne fait pas le difficile. Quand le vent d'automne emporte le chaume de mon toit, cette écuelle chaude entre mes mains vaut tous les festins des palais de Chang'an.
Du Fu
Ingrédients
  • Millet jaune (粟)une poignée généreuse (céréale-socle)
  • Herbes sauvages (mauve 葵, bourse-à-pasteur 荠菜)une botte cueillie (verdure et amertume)
  • Eau de sourceen abondance (cuisson)
  • Selune pincée (assaisonnement)
Comment on faisait : Le millet (粟) fut, bien avant le riz, la céréale-mère du nord chinois. La technique de la longue cuisson en bouillie (粥) est décrite dès le VIe siècle dans le Qímín Yàoshù : elle permettait de rassasier en économisant le grain. La mauve (葵) était LE légume des potagers anciens, supplanté plus tard par d'autres verdures.
Sources : Du Fu, « Chant sur ma chaumière défaite par le vent d'automne » (茅屋为秋风所破歌) · Jia Sixie, Qímín Yàoshù (齐民要术), VIe siècle

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