Bouillie de millet aux herbes sauvages (野菜粥)
Une bouillie tiède et soyeuse de millet, où fondent des herbes amères ramassées dans les champs. On la mange brûlante, à petites lampées, pour tromper le froid et la disette.
Une bouillie tiède et soyeuse de millet, où fondent des herbes amères ramassées dans les champs. On la mange brûlante, à petites lampées, pour tromper le froid et la disette.
Approche, et ne te moque pas de ma table nue. Le millet, je le fais bouillir longtemps, longtemps, jusqu'à ce qu'un grain en nourrisse dix ; c'est l'art du pauvre que d'étirer le peu. J'ajoute les herbes que mes fils ont arrachées au talus — un peu amères, mais le ventre vide ne fait pas le difficile. Quand le vent d'automne emporte le chaume de mon toit, cette écuelle chaude entre mes mains vaut tous les festins des palais de Chang'an.
- •Millet jaune (粟) — une poignée généreuse (céréale-socle)
- •Herbes sauvages (mauve 葵, bourse-à-pasteur 荠菜) — une botte cueillie (verdure et amertume)
- •Eau de source — en abondance (cuisson)
- •Sel — une pincée (assaisonnement)
Bouillie de millet aux herbes sauvages (野菜粥)
Une bouillie tiède et soyeuse de millet, où fondent des herbes amères ramassées dans les champs. On la mange brûlante, à petites lampées, pour tromper le froid et la disette.
Pourquoi ce plat ? Dans ses poèmes, Du Fu évoque sans détour la faim de ses enfants et l'ordinaire maigre de l'exil. La bouillie de millet, longuement cuite pour « faire durer » la céréale, et les herbes cueillies au bord du chemin étaient le vrai pain quotidien du lettré sans fortune.
Approche, et ne te moque pas de ma table nue. Le millet, je le fais bouillir longtemps, longtemps, jusqu'à ce qu'un grain en nourrisse dix ; c'est l'art du pauvre que d'étirer le peu. J'ajoute les herbes que mes fils ont arrachées au talus — un peu amères, mais le ventre vide ne fait pas le difficile. Quand le vent d'automne emporte le chaume de mon toit, cette écuelle chaude entre mes mains vaut tous les festins des palais de Chang'an.
Ingrédients (version d’époque)
- Millet jaune (粟) — une poignée généreuse (céréale-socle)
- Herbes sauvages (mauve 葵, bourse-à-pasteur 荠菜) — une botte cueillie (verdure et amertume)
- Eau de source — en abondance (cuisson)
- Sel — une pincée (assaisonnement)
Ingrédients
- Millet décortiqué — 100 g (céréale-socle)
- Jeunes pousses d'épinard ou de blette (à défaut de mauve) — 150 g (verdure)
- Quelques feuilles de cresson ou de pissenlit — 1 poignée (note amère)
- Eau — 1 litre (cuisson)
- Sel — 1 pincée (assaisonnement)
- Huile de sésame (filet, facultatif) — 1 c. à café (rondeur)
Préparation
- Rincer le millet à l'eau claire jusqu'à ce qu'elle ne soit plus trouble.
- Le verser dans l'eau froide et porter à frémissement, puis baisser le feu très doux.
- Laisser cuire 35 à 45 min en remuant de temps en temps, jusqu'à une bouillie crémeuse.
- Laver et ciseler grossièrement les verdures, les jeter dans la bouillie 5 min avant la fin.
- Saler, ajouter le filet d'huile de sésame, servir brûlant dans un bol.
Comment on faisait : Le millet (粟) fut, bien avant le riz, la céréale-mère du nord chinois. La technique de la longue cuisson en bouillie (粥) est décrite dès le VIe siècle dans le Qímín Yàoshù : elle permettait de rassasier en économisant le grain. La mauve (葵) était LE légume des potagers anciens, supplanté plus tard par d'autres verdures.
Le twist contemporain : Servie « comme un porridge de lettré » avec quelques graines de sésame torréfiées et un trait d'huile parfumée, elle tient tête aux bols tendance des cafés d'aujourd'hui.
Sources : Du Fu, « Chant sur ma chaumière défaite par le vent d'automne » (茅屋为秋风所破歌) · Jia Sixie, Qímín Yàoshù (齐民要术), VIe siècle
Du Fu · Charactorium
