Hippocras — vin épicé clarifié
Un vin rouge chauffé doucement avec du sucre et un bouquet d'épices nobles — cannelle, gingembre, clous de girofle, graines de paradis — puis filtré jusqu'à devenir limpide et parfumé. Chaud ou frais, c'est le digestif aromatique du banquet.
Un vin rouge chauffé doucement avec du sucre et un bouquet d'épices nobles — cannelle, gingembre, clous de girofle, graines de paradis — puis filtré jusqu'à devenir limpide et parfumé. Chaud ou frais, c'est le digestif aromatique du banquet.
Quand les massepains paraissent et que la salle s'éclaire de chandelles, faites-Nous porter l'hippocras, ce vin que l'on marie aux épices comme on marie un royaume à ses alliances. Mêlez au bon vin le sucre, la cannelle et le gingembre, laissez-les s'embrasser une heure durant, puis coulez le tout par la chausse jusqu'à ce qu'il soit clair comme rubis. Nous le prenons à petites gorgées, allongé d'eau quand le sang s'échauffe, car une reine doit garder l'esprit net jusqu'à la dernière révérence. Buvez-en à Notre santé, mais avec mesure.
- •Vin rouge de bonne tenue — un pichet (base)
- •Sucre — à belle main (douceur de prestige)
- •Cannelle, gingembre, clous de girofle, graines de paradis — selon le goût (épices nobles)
Hippocras — vin épicé clarifié
Un vin rouge chauffé doucement avec du sucre et un bouquet d'épices nobles — cannelle, gingembre, clous de girofle, graines de paradis — puis filtré jusqu'à devenir limpide et parfumé. Chaud ou frais, c'est le digestif aromatique du banquet.
Pourquoi ce plat ? On dit qu'Élisabeth buvait son vin coupé d'eau ; mais lors des banquets de fin de service, l'hippocras — vin sucré et longuement épicé, filtré à la « manche d'Hippocrate » — accompagnait les massepains et les dragées. C'était la boisson d'apparat qui scellait les grandes tables élisabéthaines.
Quand les massepains paraissent et que la salle s'éclaire de chandelles, faites-Nous porter l'hippocras, ce vin que l'on marie aux épices comme on marie un royaume à ses alliances. Mêlez au bon vin le sucre, la cannelle et le gingembre, laissez-les s'embrasser une heure durant, puis coulez le tout par la chausse jusqu'à ce qu'il soit clair comme rubis. Nous le prenons à petites gorgées, allongé d'eau quand le sang s'échauffe, car une reine doit garder l'esprit net jusqu'à la dernière révérence. Buvez-en à Notre santé, mais avec mesure.
Ingrédients (version d’époque)
- Vin rouge de bonne tenue — un pichet (base)
- Sucre — à belle main (douceur de prestige)
- Cannelle, gingembre, clous de girofle, graines de paradis — selon le goût (épices nobles)
Ingrédients
- Vin rouge corsé — 75 cl (1 bouteille) (base)
- Sucre — 80 à 100 g (douceur)
- Bâton de cannelle — 1 (épice)
- Gingembre frais — 4 fines tranches (épice)
- Clous de girofle — 4 (épice)
- Graines de paradis (ou poivre noir concassé) — 1/2 c. à café (épice chaude)
- Muscade râpée — 1 pincée (épice douce)
Préparation
- Versez le vin dans une casserole avec le sucre et chauffez doucement sans faire bouillir, jusqu'à dissolution du sucre.
- Ajoutez toutes les épices, retirez du feu, couvrez et laissez infuser 30 min à 1 h selon l'intensité voulue.
- Filtrez soigneusement à travers une étamine (la « chausse ») jusqu'à obtenir un liquide limpide.
- Servez tiède dans de petits gobelets, ou laissez refroidir ; allongez d'un peu d'eau pour une version plus légère.
Comment on faisait : L'hippocras tire son nom de la « manche d'Hippocrate », le sac de tissu conique servant à le filtrer. Très répandu de la fin du Moyen Âge jusqu'à l'époque Tudor, il se préparait à froid par macération ou à chaud, toujours abondamment sucré et épicé — un luxe que seul le commerce des épices rendait possible.
Le twist contemporain : Servi glacé dans de petits verres givrés de sucre épicé, l'hippocras devient un apéritif d'hiver élégant à l'allure de « vin chaud de reine ».
Sources : The Good Huswifes Jewell, Thomas Dawson, 1585 · Le Ménagier de Paris, anonyme, vers 1393 (recette d'hypocras de référence)
Élisabeth I · Charactorium