Hippocras — vin épicé du banquet Borgia
Vin rouge (ou blanc) chauffé doucement, sucré et infusé d'épices fines, puis filtré jusqu'à devenir limpide et parfumé. Une gorgée chaude qui sent la cannelle, le gingembre et la fête.
Vin rouge (ou blanc) chauffé doucement, sucré et infusé d'épices fines, puis filtré jusqu'à devenir limpide et parfumé. Une gorgée chaude qui sent la cannelle, le gingembre et la fête.
Quand les bougies baissent et que les cardinaux se font bavards, c'est l'heure de l'hippocras. Prends un bon vin de Campanie, chauffe-le sans le faire bouillir — le faire bouillir, c'est l'insulter — sucre-le bien, et donne-lui cannelle, gingembre et ces petites graines de paradis qui brûlent doucement la langue. Passe-le ensuite au linge, encore et encore, jusqu'à ce qu'il soit clair comme une absolution. Sers-le tiède : tu verras les langues se délier et les alliances se nouer — j'en ai scellé plus d'une, la coupe à la main.
- •Vin de Campanie (rouge ou blanc) — un pichet (base)
- •Sucre ou miel — généreusement (douceur)
- •Cannelle en bâton — un morceau (épice maîtresse)
- •Gingembre — un peu (chaleur épicée)
- •Graines de paradis (maniguette) — quelques grains (piquant noble)
- •Clous de girofle — deux ou trois (parfum)
Hippocras — vin épicé du banquet Borgia
Vin rouge (ou blanc) chauffé doucement, sucré et infusé d'épices fines, puis filtré jusqu'à devenir limpide et parfumé. Une gorgée chaude qui sent la cannelle, le gingembre et la fête.
Pourquoi ce plat ? L'ancrage évoque des banquets « arrosés de vins de Campanie » et de spécialités aragonaises. L'hippocras — vin sucré et épicé filtré — était la boisson noble par excellence des grandes tables : on imagine sans peine les coupes des Borgia s'en remplir lors des fêtes des appartements de Pinturicchio.
Quand les bougies baissent et que les cardinaux se font bavards, c'est l'heure de l'hippocras. Prends un bon vin de Campanie, chauffe-le sans le faire bouillir — le faire bouillir, c'est l'insulter — sucre-le bien, et donne-lui cannelle, gingembre et ces petites graines de paradis qui brûlent doucement la langue. Passe-le ensuite au linge, encore et encore, jusqu'à ce qu'il soit clair comme une absolution. Sers-le tiède : tu verras les langues se délier et les alliances se nouer — j'en ai scellé plus d'une, la coupe à la main.
Ingrédients (version d’époque)
- Vin de Campanie (rouge ou blanc) — un pichet (base)
- Sucre ou miel — généreusement (douceur)
- Cannelle en bâton — un morceau (épice maîtresse)
- Gingembre — un peu (chaleur épicée)
- Graines de paradis (maniguette) — quelques grains (piquant noble)
- Clous de girofle — deux ou trois (parfum)
Ingrédients
- Vin rouge fruité (type campanien) — 75 cl (base)
- Sucre ou miel — 80 à 100 g (douceur)
- Cannelle — 1 bâton (épice maîtresse)
- Gingembre frais — 2 fines tranches (chaleur)
- Graines de paradis (ou à défaut grains de poivre long) — 5 grains écrasés (piquant)
- Clous de girofle — 3 (parfum)
Préparation
- Chauffer le vin avec le sucre/miel à feu doux SANS le faire bouillir.
- Ajouter cannelle, gingembre, graines de paradis et girofle ; laisser infuser à frémissement très léger 15 min.
- Couper le feu et laisser reposer 10 min pour que les arômes se diffusent.
- Filtrer plusieurs fois à travers un linge fin (la fameuse « manche d'Hippocrate ») jusqu'à obtenir un liquide limpide.
- Servir tiède dans des coupes.
Comment on faisait : L'hippocras tire son nom du filtre conique en tissu, la « manche d'Hippocrate ». Les apothicaires et cuisiniers en vendaient les mélanges d'épices tout prêts. On le buvait tiède en fin de repas, vertu digestive supposée à l'appui, et il marquait le rang de l'hôte par la quantité de sucre et d'épices — denrées de luxe — qu'il osait y mettre.
Le twist contemporain : Le proposer en petites tasses fumantes baptisées « coupe du conclave », avec un bâton de cannelle en touillette — version chaleureuse et assumée du vin chaud d'avant Noël.
Sources : Le Ménagier de Paris (XIVe s., recette d'hippocras) · Platina, De honesta voluptate et valetudine (1474)
Alexandre VI · Charactorium