La carte de Alexandre VI
Hippocras — vin épicé du banquet Borgia
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Boisson de fin de service (servie avec les confiseries de la crédence, en clôture de banquet)

Hippocras — vin épicé du banquet Borgia

BoissonDocumentée🌶️ 🍯facile40 min
Boisson de fin de service (servie avec les confiseries de la crédence, en clôture de banquet)

Hippocras — vin épicé du banquet Borgia

Pourquoi ce plat ? L'ancrage évoque des banquets « arrosés de vins de Campanie » et de spécialités aragonaises. L'hippocras — vin sucré et épicé filtré — était la boisson noble par excellence des grandes tables : on imagine sans peine les coupes des Borgia s'en remplir lors des fêtes des appartements de Pinturicchio.

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Boisson de fin de service (servie avec les confiseries de la crédence, en clôture de banquet)

Vin rouge (ou blanc) chauffé doucement, sucré et infusé d'épices fines, puis filtré jusqu'à devenir limpide et parfumé. Une gorgée chaude qui sent la cannelle, le gingembre et la fête.

Quand les bougies baissent et que les cardinaux se font bavards, c'est l'heure de l'hippocras. Prends un bon vin de Campanie, chauffe-le sans le faire bouillir — le faire bouillir, c'est l'insulter — sucre-le bien, et donne-lui cannelle, gingembre et ces petites graines de paradis qui brûlent doucement la langue. Passe-le ensuite au linge, encore et encore, jusqu'à ce qu'il soit clair comme une absolution. Sers-le tiède : tu verras les langues se délier et les alliances se nouer — j'en ai scellé plus d'une, la coupe à la main.
Alexandre VI
Ingrédients
  • Vin de Campanie (rouge ou blanc)un pichet (base)
  • Sucre ou mielgénéreusement (douceur)
  • Cannelle en bâtonun morceau (épice maîtresse)
  • Gingembreun peu (chaleur épicée)
  • Graines de paradis (maniguette)quelques grains (piquant noble)
  • Clous de girofledeux ou trois (parfum)
Comment on faisait : L'hippocras tire son nom du filtre conique en tissu, la « manche d'Hippocrate ». Les apothicaires et cuisiniers en vendaient les mélanges d'épices tout prêts. On le buvait tiède en fin de repas, vertu digestive supposée à l'appui, et il marquait le rang de l'hôte par la quantité de sucre et d'épices — denrées de luxe — qu'il osait y mettre.
Sources : Le Ménagier de Paris (XIVe s., recette d'hippocras) · Platina, De honesta voluptate et valetudine (1474)

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