La confiture de groseilles pour les longs voyages
Des groseilles rouges cuites avec du sucre jusqu'à former une gelée brillante et acidulée, qui se conserve longtemps en pot — la douceur de réserve des maisons et des voyageurs d'autrefois.
Des groseilles rouges cuites avec du sucre jusqu'à former une gelée brillante et acidulée, qui se conserve longtemps en pot — la douceur de réserve des maisons et des voyageurs d'autrefois.
Dans mes longues pérégrinations loin de la France, rien ne me rappelait mieux le pays qu'un pot de confiture de groseilles. On choisit les grains bien rouges et fermes, on les cuit avec leur poids de sucre clarifié jusqu'à ce qu'une goutte tienne sur l'assiette froide, puis on emplit les pots qu'on garde au frais de l'office. Cette gelée vermeille, claire comme un rubis, se gardait des saisons entières et me suivait de cour en cour. J'en offrais à mes hôtes : c'était un peu de mon pays que je portais avec moi.
- •Groseilles rouges — à volonté, bien mûres (fruit)
- •Sucre clarifié — autant que de fruit (conservation et douceur)
La confiture de groseilles pour les longs voyages
Des groseilles rouges cuites avec du sucre jusqu'à former une gelée brillante et acidulée, qui se conserve longtemps en pot — la douceur de réserve des maisons et des voyageurs d'autrefois.
Pourquoi ce plat ? Émigrée pendant douze années à travers l'Europe (Italie, Autriche, Russie, Allemagne), Vigée Le Brun connut la vie itinérante. Les confitures, qui se gardent des mois en pot, étaient la douceur de voyage et d'office par excellence du XVIIIe siècle — un éclat de fruit français à emporter loin de Paris.
Dans mes longues pérégrinations loin de la France, rien ne me rappelait mieux le pays qu'un pot de confiture de groseilles. On choisit les grains bien rouges et fermes, on les cuit avec leur poids de sucre clarifié jusqu'à ce qu'une goutte tienne sur l'assiette froide, puis on emplit les pots qu'on garde au frais de l'office. Cette gelée vermeille, claire comme un rubis, se gardait des saisons entières et me suivait de cour en cour. J'en offrais à mes hôtes : c'était un peu de mon pays que je portais avec moi.
Ingrédients (version d’époque)
- Groseilles rouges — à volonté, bien mûres (fruit)
- Sucre clarifié — autant que de fruit (conservation et douceur)
Ingrédients
- Groseilles rouges — 1 kg (fruit)
- Sucre cristallisé — 800 g (conservation et douceur)
- Jus d'un demi-citron — facultatif (prise de la gelée)
Préparation
- Égrener les groseilles et les mettre dans une bassine avec le sucre ; laisser macérer 1 h.
- Porter doucement à ébullition en remuant jusqu'à dissolution du sucre.
- Cuire à feu vif 10 à 15 min en écumant, jusqu'à ce qu'une goutte se fige sur une assiette froide (test de la nappe).
- Pour une gelée bien claire, passer au tamis fin afin d'ôter les pépins, puis redonner un bouillon.
- Mettre aussitôt en pots ébouillantés, fermer et retourner ; conserver au frais à l'abri de la lumière.
Comment on faisait : Les confitures étaient au XVIIIe siècle l'art de l'office, distinct de la cuisine : on y maîtrisait la cuisson du sucre pour conserver les fruits hors saison. La groseille, fruit du Nord de la France, donnait une gelée réputée pour sa belle couleur et son acidité — servie au dessert ou offerte en présent. Le sucre, encore coûteux, en faisait une douceur de qualité.
Le twist contemporain : Présentez la gelée en petit pot scellé d'un carré de tissu et d'une faveur, façon présent de voyageuse, avec une étiquette manuscrite « Groseilles de France ».
Sources : Menon, La Cuisinière bourgeoise (1746) · Élisabeth Vigée Le Brun, Souvenirs (1835-1837)
Élisabeth Vigée Le Brun · Charactorium