Le briquet du mineur
Une grosse tartine de pain bis garnie de beurre et de fromage (ou de lard), emballée et emportée pour être mangée sur le tas, loin de toute table.
Une grosse tartine de pain bis garnie de beurre et de fromage (ou de lard), emballée et emportée pour être mangée sur le tas, loin de toute table.
Pour écrire Germinal, je suis descendu dans la fosse, à Anzin, parmi ces hommes que la terre dévore. Au fond, à l'heure de la pause, le mineur tirait de sa poche son briquet : une grosse tartine de pain bis, avec un peu de beurre ou un morceau de fromage, mangée à même le charbon, les doigts noirs. Cela n'avait rien d'un festin, mais ces gens-là partageaient leur croûte avec une dignité qui m'a serré la gorge. J'ai voulu que vous goûtiez, vous aussi, ce pain des entrailles de la terre.
- •Pain bis (pain de seigle ou pain noir) — deux grosses tranches (base nourrissante)
- •Beurre — une noix (matière grasse)
- •Fromage de pays (maroilles ou tomme) — un morceau (garniture, fermenté)
- •Lard ou saindoux — facultatif (alternative grasse)
Le briquet du mineur
Une grosse tartine de pain bis garnie de beurre et de fromage (ou de lard), emballée et emportée pour être mangée sur le tas, loin de toute table.
Pourquoi ce plat ? En 1884, Zola est descendu dans les fosses d'Anzin pour documenter Germinal. Le « briquet » était la tartine que le mineur emportait au fond et mangeait, les doigts noirs de charbon, à l'heure de la pause — symbole de la dureté et de la dignité ouvrières qu'il a peintes.
Pour écrire Germinal, je suis descendu dans la fosse, à Anzin, parmi ces hommes que la terre dévore. Au fond, à l'heure de la pause, le mineur tirait de sa poche son briquet : une grosse tartine de pain bis, avec un peu de beurre ou un morceau de fromage, mangée à même le charbon, les doigts noirs. Cela n'avait rien d'un festin, mais ces gens-là partageaient leur croûte avec une dignité qui m'a serré la gorge. J'ai voulu que vous goûtiez, vous aussi, ce pain des entrailles de la terre.
Ingrédients (version d’époque)
- Pain bis (pain de seigle ou pain noir) — deux grosses tranches (base nourrissante)
- Beurre — une noix (matière grasse)
- Fromage de pays (maroilles ou tomme) — un morceau (garniture, fermenté)
- Lard ou saindoux — facultatif (alternative grasse)
Ingrédients
- Pain de seigle ou pain de campagne — 2 tranches épaisses (base)
- Beurre demi-sel — 20 g (matière grasse)
- Maroilles (ou autre fromage du Nord) — 60 g (garniture fermentée du Nord)
Préparation
- Beurrez généreusement les deux tranches de pain bis.
- Disposez une épaisse tranche de maroilles entre les deux.
- Refermez en pressant, enveloppez dans un linge ou un papier — le briquet voyage et se mange froid.
- Dégustez tel quel, en pensant aux mineurs ; ou, version réconfortante, passez-le quelques minutes au four pour faire fondre le fromage.
Comment on faisait : Dans le Nord minier, le « briquet » désignait le casse-croûte emporté au fond. Le maroilles, fromage fort de la région, accompagnait souvent ce pain. On le mangeait sans couverts, accroupi dans la galerie, à la lueur de la lampe — la lampe à pétrole de mineur figurant d'ailleurs parmi les objets emblématiques de Zola.
Le twist contemporain : Servez-le toasté au four jusqu'à ce que le maroilles coule, sur une planche de bois brut — la « tartine du mineur » revisitée en bistrot du Nord.
Émile Zola · Charactorium