La carte de Eugène III
Tanche de rivière au verjus et aux herbes, jour d'abstinence
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Pitance (second mets des jours maigres)

Tanche de rivière au verjus et aux herbes, jour d'abstinence

FestifReconstitution🍋 🧂moyen40 min
Pitance (second mets des jours maigres)

Tanche de rivière au verjus et aux herbes, jour d'abstinence

Pourquoi ce plat ? Le poisson était la chair permise au moine et au pape les jours d'abstinence et de fête liturgique. Pour un cistercien comme Eugène III, un poisson de rivière poché et relevé du verjus aigrelet du cloître constituait le « festif » sobre — celui d'une grande solennité ou de l'accueil d'un hôte, sans verser dans le luxe des vins et viandes qu'il fuyait.

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Pitance (second mets des jours maigres)

Un poisson d'eau douce poché doucement dans un court bouillon d'eau, verjus et herbes, servi avec son jus acidulé. La fête sans la débauche : net, vif, parfumé d'aromates du jardin.

Quand vint un jour de fête, ou qu'un hôte frappa à la porte du Latran, je ne fis point tuer le veau gras : j'avais le poisson de la rivière, que la Règle permet. On le pochait tout doux dans l'eau et le verjus de nos vignes vertes, avec la sauge et le persil — l'aigre du verjus relève la chair sans qu'il faille les épices d'Orient dont les évêques font parade. Goûte ce poisson, étranger : il est de fête, et pourtant il ne pèse ni sur le corps ni sur la conscience.
Eugène III
Ingrédients
  • Poisson de rivière (tanche, brochet ou perche)un, vidé (pièce maîtresse)
  • Verjus (suc de raisin vert)un bol (acidité de cuisson)
  • Poireau et oignonun de chaque (aromates du bouillon)
  • Sauge, persil, livècheun bouquet (herbes)
  • Huile d'oliveun filet (liant du jus)
  • Selà mesure (assaisonnement)
Comment on faisait : Aux jours maigres — vendredis, vigiles, carême — et lors des fêtes liturgiques, le poisson d'eau douce était la pièce honorable des tables monastiques et épiscopales ; les abbayes entretenaient viviers et étangs. Le verjus, jus de raisin cueilli vert, était l'acidulant médiéval par excellence, employé là où nous mettrions le citron (rare et coûteux au nord). On pochait ou cuisait le poisson court, relevé d'herbes du jardin plutôt que d'épices, signe de mesure cistercienne.
Sources : Le Ménagier de Paris (recettes de poisson et usages du verjus) · B. Laurioux, Manger au Moyen Âge · Règle de saint Benoît, ch. 39 (abstinence de viande)

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