retournerPotage de pois au lard et au verjus
Potage de pois au lard et au verjus
Pourquoi ce plat ? Au couvent des Cordeliers de Fontenay-le-Comte puis dans ses années de moine et d'étudiant pauvre, Rabelais a connu l'ordinaire monastique : le potage de légumes secs, mangé chaque jour avec du pain. Les pois étaient le socle nourrissant des tables modestes de Touraine et du Poitou.
Soupe épaisse de pois secs longuement mijotés avec un morceau de lard, parfumée d'herbes du jardin et relevée d'un trait de verjus qui réveille le tout. Simple, rassasiant, c'est le « potage » au sens vrai : ce qu'on met dans le pot.
Mon bon, ne méprise point le pois, car il a rempli plus de ventres que toutes les viandes des princes ! Mets-moi tremper les pois dès la veille, puis fais-les cuire tout doucement avec un quartier de lard et quelques herbes du courtil, jusqu'à ce qu'ils se défassent en bouillie épaisse. Au moment de tirer le pot du feu, jettes-y un filet de verjus : il égaie la fadeur comme un bon mot égaie la table. Trempe ton pain dedans, et te voilà riche autant qu'un abbé.
- •Pois secs — pleine écuelle (base)
- •Lard — un quartier (gras et sel)
- •Oignon et poireau — à volonté (aromates)
- •Herbes du jardin (persil, sauge, livèche) — poignée (parfum)
- •Verjus — un filet (acidulant signature)
- •Pain rassis — tranches (à tremper)
Potage de pois au lard et au verjus
Soupe épaisse de pois secs longuement mijotés avec un morceau de lard, parfumée d'herbes du jardin et relevée d'un trait de verjus qui réveille le tout. Simple, rassasiant, c'est le « potage » au sens vrai : ce qu'on met dans le pot.
Pourquoi ce plat ? Au couvent des Cordeliers de Fontenay-le-Comte puis dans ses années de moine et d'étudiant pauvre, Rabelais a connu l'ordinaire monastique : le potage de légumes secs, mangé chaque jour avec du pain. Les pois étaient le socle nourrissant des tables modestes de Touraine et du Poitou.
Mon bon, ne méprise point le pois, car il a rempli plus de ventres que toutes les viandes des princes ! Mets-moi tremper les pois dès la veille, puis fais-les cuire tout doucement avec un quartier de lard et quelques herbes du courtil, jusqu'à ce qu'ils se défassent en bouillie épaisse. Au moment de tirer le pot du feu, jettes-y un filet de verjus : il égaie la fadeur comme un bon mot égaie la table. Trempe ton pain dedans, et te voilà riche autant qu'un abbé.
Ingrédients (version d’époque)
- Pois secs — pleine écuelle (base)
- Lard — un quartier (gras et sel)
- Oignon et poireau — à volonté (aromates)
- Herbes du jardin (persil, sauge, livèche) — poignée (parfum)
- Verjus — un filet (acidulant signature)
- Pain rassis — tranches (à tremper)
Ingrédients
- Pois cassés (ou pois secs entiers) — 300 g (base)
- Lard fumé ou poitrine demi-sel — 150 g (gras et sel)
- Oignon — 1 (aromate)
- Poireau — 1 blanc (aromate)
- Persil et sauge (ou livèche) — 1 petit bouquet (parfum)
- Verjus (ou jus de raisin vert) — 2 c. à soupe (acidulant signature)
- Sel et poivre — selon le goût (assaisonnement)
- Pain de campagne rassis — quelques tranches (accompagnement)
Préparation
- Si l'on utilise des pois entiers, les faire tremper une nuit (inutile pour les pois cassés).
- Faire revenir oignon et poireau émincés dans un peu de gras, ajouter le lard.
- Verser les pois et couvrir largement d'eau ; ajouter les herbes.
- Mijoter 1 h à 1 h 30 jusqu'à ce que les pois se défassent ; saler avec prudence (le lard sale déjà).
- Retirer le lard, le couper en morceaux et le remettre ; ajouter le verjus hors du feu.
- Servir bien chaud sur des tranches de pain rassis disposées au fond de l'écuelle.
Comment on faisait : Le « potage » désignait littéralement le contenu du pot mis à mijoter sur l'âtre : légumes secs, herbes et un peu de salaison. C'était la base de l'alimentation quotidienne, des couvents aux maisons paysannes ; on le versait souvent sur du pain (la « soupe » étant d'abord la tranche de pain trempée).
Le twist contemporain : Mixer la moitié du potage pour un velouté soyeux, garder l'autre moitié en grains, et finir d'un croûton de fouace et d'une râpée de zeste pour la fraîcheur.
François Rabelais · Charactorium





