La carte de Alexandre VI
Poisson des étangs pontins au verjus et aux câpres
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Service de cuisine de jour maigre (mets chaud des vendredis et du Carême)

Poisson des étangs pontins au verjus et aux câpres

QuotidienReconstitution🧂 🍋 🍄facile30 min
Service de cuisine de jour maigre (mets chaud des vendredis et du Carême)

Poisson des étangs pontins au verjus et aux câpres

Pourquoi ce plat ? L'ancrage cite expressément les « poissons des étangs pontins » servis à la table pontificale. Pape, Alexandre VI devait observer les nombreux jours maigres du calendrier liturgique : le poisson de ses propres viviers, relevé d'une sauce acidulée, était l'ordinaire raffiné de ces journées sans viande.

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Service de cuisine de jour maigre (mets chaud des vendredis et du Carême)

Poisson d'eau douce poêlé puis nappé d'une sauce vive au verjus (jus de raisin vert), aux câpres et aux herbes — l'aigre-salé typique des sauces de la Renaissance, qui réveille une chair délicate sans la masquer.

Vendredi, le Ciel nous veut sobres — mais sobriété n'est pas tristesse, retiens-le. De nos viviers pontins on nous monte un beau poisson ; fais-le saisir juste, qu'il reste nacré. Puis verse-lui dessus le verjus, ce jus de raisin vert qui pince agréablement, jette-y les câpres et un peu d'herbe fraîche : voilà comment un jour maigre devient digne d'un prince de l'Église. Goûte avant de servir, toujours — un cuisinier qui ne goûte pas est aussi sot qu'un prélat qui ne prie pas.
Alexandre VI
Ingrédients
  • Poisson d'eau douce (tanche, mulet, anguille des étangs)un beau poisson par convive (base)
  • Verjus (jus de raisin vert)un gobelet (acidité)
  • Câpres au selune cuillerée (saveur saline et umami)
  • Huile d'olivece qu'il faut (cuisson)
  • Persil et mentheun bouquet (fraîcheur)
  • Cannelle et gingembreune pincée (épices fines)
  • Selau goût (assaisonnement)
Comment on faisait : Les sauces aigres au verjus dominent la cuisine des XVe-XVIe siècles, bien avant l'arrivée du citron en usage courant ; câpres et herbes y apportaient le piquant. Les papes possédaient de véritables viviers ; on cuisait le poisson sur la braise ou à la poêle de fer, et l'on conservait le verjus en barriques pour toute l'année.
Sources : Platina, De honesta voluptate et valetudine (1474) · Maestro Martino, Libro de arte coquinaria (XVe s.)

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