La carte de Michel de Montaigne
Rôt (service des viandes rôties)

Poulet au verjus et raisins, à la mode du Périgord

QuotidienReconstitution🍋 🧂 🍄facile1 h 30

Une volaille rôtie, arrosée d'un jus aigrelet de raisin vert et garnie de grains de raisin frais : la rencontre du salé et de l'acidulé chère aux cuisines françaises de la Renaissance, simple et droite comme un repas de campagne.

Rôt (service des viandes rôties)

Une volaille rôtie, arrosée d'un jus aigrelet de raisin vert et garnie de grains de raisin frais : la rencontre du salé et de l'acidulé chère aux cuisines françaises de la Renaissance, simple et droite comme un repas de campagne.

Voicy, lecteur, ce que j'ayme à trouver sur ma table sans grand apprest : une poule grasse rôtie à la broche, qu'on arrose de ce verjus tiré de mes propres treilles avant que le raisin ne mûrisse. Je n'ay jamais aimé les viandes trop déguisées d'espiceries ; un peu d'acide, quelques grains de raisin, et la chair en dit assez. Je mange de bon appétit et vite, je le confesse, plus vite que ne le voudrait ma santé — mais quoi, chacun suit son naturel, et le mien est gourmand sans cérémonie.
Michel de Montaigne
Ingrédients
  • Poule ou jeune coqune volaille entière (viande à rôtir)
  • Verjus (jus de raisin vert)un bon gobelet (acidité, arrosage)
  • Raisin fraisune poignée de grappes (garniture, douceur)
  • Lardquelques bardes (graisse, moelleux)
  • Gingembre et poivreune pincée (épices discrètes)
  • Selà suffisance (assaisonnement)
Comment on faisait : Au XVIe siècle, on rôtissait les volailles à la broche devant le feu, en les arrosant sans cesse pour qu'elles ne sèchent pas. Le verjus, omniprésent, jouait le rôle que tient aujourd'hui le citron : il apportait une acidité fraîche sans la douceur du fruit mûr. Les cuisiniers mariaient volontiers viande et raisin, comme en témoignent les recueils de l'époque autour de Taillevent et de la cuisine de cour.
Sources : Montaigne, Essais (notamment livre III, sur ses goûts à table) · Le Viandier (tradition Taillevent)