Breuvage cérémoniel mexica — coupe des nobles et des guerriers
Xocoatl, le breuvage de cacao battu en écume
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Du cacao pur broyé, dissous dans l'eau et battu jusqu'à former une mousse épaisse, parfumé de vanille et relevé d'une pointe de chile. Amer et sans sucre, tel que le buvaient les nobles mexica — bien loin du chocolat chaud sucré d'aujourd'hui.
Pourquoi ce plat ? À la cour de Tenochtitlan, Cortés voit servir à Moctezuma le cacao battu dans des coupes d'or. Les Espagnols découvrent là un breuvage sacré et énergisant, monnaie d'échange autant que boisson de prestige. Inspiré de l'usage mexica, sans reproduire de rituel.
Les naturels tiennent ce cacao pour si précieux qu'ils s'en servent en guise de monnaie. On le broie sur la pierre, on le bat avec de l'eau jusqu'à le couvrir d'écume, et on l'aromatise de fleurs et de ce qu'ils nomment vanille. Moctezuma, m'a-t-on rapporté, en buvait force coupes avant de se retirer. Amer et point sucré comme on l'aime en Castille, ce breuvage donnait, disaient-ils, vigueur et endurance pour la longue marche.
Ingrédients
- •Fèves de cacao grillées et broyées — une mesure (base du breuvage)
- •Eau — ce qu'il faut (liquide)
- •Vanille (tlilxochitl) — une gousse (parfum)
- •Chile en poudre — une pincée (relever)
- •Rocou (achiote) — un peu (couleur rouge cérémonielle (facultatif))
Comment on faisait : Les Mexica versaient le cacao de haut pour le faire écumer, signe de qualité. Réservé aux nobles, aux prêtres et aux guerriers, il était bu sans sucre (la canne à sucre était inconnue en Amérique) et souvent relevé de chile, de vanille ou de fleurs aromatiques. Les fèves servaient aussi de monnaie sur les marchés.
Sources : Bernardino de Sahagún, Historia general de las cosas de Nueva España · Hernán Cortés, Cartas de relación