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Vin au miel et aux épices (claré)
Pourquoi ce plat ? À la cour itinérante d'Hugues Capet, le vin coule à toutes les tables, mais le vin adouci de miel et parfumé d'épices d'Orient clôt les festins des grands. Boisson de prestige et de réconfort, on lui prête aussi des vertus pour « aider la digestion » — on le sert volontiers à la fin du repas royal.
Du vin chaud, mais d'un autre temps : adouci au miel (le sucre n'existe pas encore), parfumé à la cannelle, au gingembre et au poivre long, puis filtré jusqu'à devenir limpide et doré. L'ancêtre lointain de l'hypocras.
Au sortir de table, quand les chandelles brûlent bas, je te ferais servir ce boivre que j'aime : du bon vin où l'on a fondu le miel de mes ruches, et jeté cannelle, gingembre et poivre rapportés d'Orient à grand prix. On le passe par un linge jusqu'à ce qu'il soit clair comme rubis. Bois-le tiède, à petites gorgées : il réchauffe le ventre et délie la langue, et nul roi ne saurait t'offrir meilleur signe d'amitié.
- •Vin rouge ou blanc — un pichet (base)
- •Miel — à suffisance (douceur (pas de sucre))
- •Cannelle — un bâton (épice signature)
- •Gingembre — une pincée (épice)
- •Poivre long ou poivre noir — quelques grains (épice de prestige)
Vin au miel et aux épices (claré)
Du vin chaud, mais d'un autre temps : adouci au miel (le sucre n'existe pas encore), parfumé à la cannelle, au gingembre et au poivre long, puis filtré jusqu'à devenir limpide et doré. L'ancêtre lointain de l'hypocras.
Pourquoi ce plat ? À la cour itinérante d'Hugues Capet, le vin coule à toutes les tables, mais le vin adouci de miel et parfumé d'épices d'Orient clôt les festins des grands. Boisson de prestige et de réconfort, on lui prête aussi des vertus pour « aider la digestion » — on le sert volontiers à la fin du repas royal.
Au sortir de table, quand les chandelles brûlent bas, je te ferais servir ce boivre que j'aime : du bon vin où l'on a fondu le miel de mes ruches, et jeté cannelle, gingembre et poivre rapportés d'Orient à grand prix. On le passe par un linge jusqu'à ce qu'il soit clair comme rubis. Bois-le tiède, à petites gorgées : il réchauffe le ventre et délie la langue, et nul roi ne saurait t'offrir meilleur signe d'amitié.
Ingrédients (version d’époque)
- Vin rouge ou blanc — un pichet (base)
- Miel — à suffisance (douceur (pas de sucre))
- Cannelle — un bâton (épice signature)
- Gingembre — une pincée (épice)
- Poivre long ou poivre noir — quelques grains (épice de prestige)
Ingrédients
- Vin rouge fruité (ou blanc moelleux) — 75 cl (base)
- Miel (toutes fleurs ou châtaignier) — 3 à 4 c. à soupe (douceur)
- Bâton de cannelle — 1 (épice signature)
- Gingembre frais en lamelles — 3 rondelles (épice)
- Poivre long (ou 5 grains de poivre noir) — 1 pièce (épice de prestige)
- Clou de girofle — 1 (facultatif) (épice d'appoint)
Préparation
- Verser le vin dans une casserole, ajouter le miel et remuer pour le dissoudre.
- Ajouter cannelle, gingembre, poivre (et girofle) et chauffer doucement sans jamais faire bouillir.
- Maintenir à frémissement très léger 15 à 20 min pour infuser les épices.
- Goûter et ajuster le miel selon la douceur voulue.
- Filtrer à travers un linge fin ou un tamis pour obtenir un liquide limpide.
- Servir tiède dans des coupes ou des gobelets.
Comment on faisait : Le vin épicé et adouci au miel est l'ancêtre de l'hypocras et du claré, popularisés aux siècles suivants. Au Xe siècle, le sucre de canne est quasi inconnu en Occident : c'est le miel qui adoucit toute chose. Filtrer le vin à travers un linge (la « chausse d'Hippocrate ») était une technique réputée, d'où viendra le mot hypocras. Cette boisson tenait à la fois du plaisir et du remède.
Le twist contemporain : Le servir glacé l'été, façon « sangria médiévale » : refroidir, filtrer et ajouter quelques tranches de poire et de figue fraîche.
Sources : Bruno Laurioux, Le Moyen Âge à table, Adam Biro · Odile Redon, Françoise Sabban, Silvano Serventi, La gastronomie au Moyen Âge
Hugues Capet · Charactorium





