Sack posset du soir
Une boisson-crème onctueuse, à mi-chemin entre la soupe et le flan tiède : on fait cailler du lait chaud avec du vin d'Espagne, on lie de jaunes d'œufs et de sucre, on parfume de muscade et de macis. Réconfortant, riche, médicinal au sens de l'époque.
Une boisson-crème onctueuse, à mi-chemin entre la soupe et le flan tiède : on fait cailler du lait chaud avec du vin d'Espagne, on lie de jaunes d'œufs et de sucre, on parfume de muscade et de macis. Réconfortant, riche, médicinal au sens de l'époque.
Quand le brouillard de la Tamise me serrait la poitrine, ou qu'une longue veille m'avait épuisé, on me montait un posset bien chaud. Faites tiédir le lait avec les épices, versez-y le vin d'Espagne, et regardez-le se cailler doucement, comme une matière qui se sépare selon ses lois propres. Liez-le de jaunes d'œufs et d'un peu de sucre, sans jamais le laisser bouillir, sinon il tourne et se perd. Pris à la cuillère avant de dormir, il rétablit un homme mieux que toutes les drogues de l'apothicaire.
- •Lait (ou crème) entier — une pinte (base onctueuse)
- •Vin d'Espagne (sack) — un demi-verre (fait cailler et parfume)
- •Jaunes d'œufs — deux ou trois (liaison)
- •Sucre — à discrétion (douceur)
- •Muscade et macis — râpés dessus (épices signature)
- •Mie de pain fine — un peu, facultatif (épaississant traditionnel)
Sack posset du soir
Une boisson-crème onctueuse, à mi-chemin entre la soupe et le flan tiède : on fait cailler du lait chaud avec du vin d'Espagne, on lie de jaunes d'œufs et de sucre, on parfume de muscade et de macis. Réconfortant, riche, médicinal au sens de l'époque.
Pourquoi ce plat ? De santé fragile et de constitution nerveuse, Newton vivait sobrement et veillait tard. Le ‘sack posset’ — lait chaud caillé au vin doux, lié de jaunes d'œufs et épicé — était le remède-réconfort classique de l'Angleterre du temps : on le prenait le soir contre le froid, le rhume ou simplement pour se restaurer avant le repos.
Quand le brouillard de la Tamise me serrait la poitrine, ou qu'une longue veille m'avait épuisé, on me montait un posset bien chaud. Faites tiédir le lait avec les épices, versez-y le vin d'Espagne, et regardez-le se cailler doucement, comme une matière qui se sépare selon ses lois propres. Liez-le de jaunes d'œufs et d'un peu de sucre, sans jamais le laisser bouillir, sinon il tourne et se perd. Pris à la cuillère avant de dormir, il rétablit un homme mieux que toutes les drogues de l'apothicaire.
Ingrédients (version d’époque)
- Lait (ou crème) entier — une pinte (base onctueuse)
- Vin d'Espagne (sack) — un demi-verre (fait cailler et parfume)
- Jaunes d'œufs — deux ou trois (liaison)
- Sucre — à discrétion (douceur)
- Muscade et macis — râpés dessus (épices signature)
- Mie de pain fine — un peu, facultatif (épaississant traditionnel)
Ingrédients
- Lait entier — 40 cl (base)
- Crème liquide — 10 cl (richesse)
- Xérès doux (ou madère) — 6 cl (caillage et parfum)
- Jaunes d'œufs — 3 (liaison)
- Sucre — 2 c. à soupe (douceur)
- Muscade et macis (ou cannelle) — 1/2 c. à café (épices)
Préparation
- Faites chauffer doucement le lait et la crème avec les épices, sans bouillir.
- Dans un bol, fouettez les jaunes d'œufs avec le sucre jusqu'à ce qu'ils blanchissent.
- Versez le vin doux dans le lait chaud : il commence à cailler légèrement, c'est normal et recherché.
- Hors du feu, incorporez peu à peu le mélange lait-vin sur les jaunes en fouettant, puis remettez sur feu très doux et remuez jusqu'à léger épaississement (ne JAMAIS faire bouillir, sous peine de grainer).
- Versez dans des tasses, râpez muscade et macis par-dessus, et dégustez tiède à la petite cuillère.
Comment on faisait : Le posset est attesté dans toute la cuisine anglaise du XVe au XVIIIe siècle, avec d'innombrables recettes manuscrites de maison. On utilisait souvent un ‘posset pot’ à bec, pour boire le clair par le bas tout en mangeant la partie épaisse du dessus à la cuillère. C'était à la fois une gourmandise de fête et un remède domestique contre les refroidissements.
Le twist contemporain : Versé dans de petits verres et passé quelques minutes au frais, il devient une crème dessert tiède-froide délicatement vineuse, à servir avec un sablé.
Isaac Newton · Charactorium