Lobscouse, le ragoût de gamelle
Un ragoût épais et roboratif né de la nécessité : on récupère le lard salé de la barrique, on l'attendrit dans l'eau et on lie le tout avec le fameux biscuit de mer, ce pain dur cuit deux fois pour ne jamais moisir. Simple, nourrissant, fait pour tenir un homme de quart par gros temps.
Un ragoût épais et roboratif né de la nécessité : on récupère le lard salé de la barrique, on l'attendrit dans l'eau et on lie le tout avec le fameux biscuit de mer, ce pain dur cuit deux fois pour ne jamais moisir. Simple, nourrissant, fait pour tenir un homme de quart par gros temps.
Tenez, voici ce que mes gens trouvaient dans la gamelle à chaque relève de quart. On dessale le lard de barrique à grande eau, car le sel des tonneaux brûle la bouche, puis on l'amène à frémir avec l'oignon et l'on jette le biscuit cassé au marteau pour lier la chose. Je n'ai jamais voulu d'une table à part : ce que mangeait le dernier matelot, je le mangeais aussi, et croyez-moi, par mer démontée, un ventre chaud vaut mieux qu'un beau discours. Forcez sur le poivre, c'est tout ce qu'on avait pour réveiller le palais.
- •Lard ou bœuf salé de barrique — une bonne pièce (base protéinée de conserve)
- •Biscuit de mer (galette deux fois cuite) — quelques galettes (liant et féculent)
- •Oignons — à volonté selon l'escale (saveur)
- •Poivre en grains — généreusement (épice du bord)
- •Eau de mer adoucie / eau douce — ce qu'il faut (cuisson)
Lobscouse, le ragoût de gamelle
Un ragoût épais et roboratif né de la nécessité : on récupère le lard salé de la barrique, on l'attendrit dans l'eau et on lie le tout avec le fameux biscuit de mer, ce pain dur cuit deux fois pour ne jamais moisir. Simple, nourrissant, fait pour tenir un homme de quart par gros temps.
Pourquoi ce plat ? C'était l'ordinaire de tous les jours sur l'Endeavour et la Resolution : du lard salé dessalé, mijoté avec du biscuit de mer émietté pour épaissir. Cook partageait cette gamelle avec ses hommes, refusant de se nourrir à part — une manière de mener par l'exemple.
Tenez, voici ce que mes gens trouvaient dans la gamelle à chaque relève de quart. On dessale le lard de barrique à grande eau, car le sel des tonneaux brûle la bouche, puis on l'amène à frémir avec l'oignon et l'on jette le biscuit cassé au marteau pour lier la chose. Je n'ai jamais voulu d'une table à part : ce que mangeait le dernier matelot, je le mangeais aussi, et croyez-moi, par mer démontée, un ventre chaud vaut mieux qu'un beau discours. Forcez sur le poivre, c'est tout ce qu'on avait pour réveiller le palais.
Ingrédients (version d’époque)
- Lard ou bœuf salé de barrique — une bonne pièce (base protéinée de conserve)
- Biscuit de mer (galette deux fois cuite) — quelques galettes (liant et féculent)
- Oignons — à volonté selon l'escale (saveur)
- Poivre en grains — généreusement (épice du bord)
- Eau de mer adoucie / eau douce — ce qu'il faut (cuisson)
Ingrédients
- Poitrine de porc demi-sel ou bœuf salé — 400 g (base protéinée)
- Pommes de terre — 4 moyennes (féculent (substitut moderne du biscuit))
- Oignons — 2 (saveur)
- Crackers nature ou pain dur émietté — 2 poignées (liant façon biscuit de mer)
- Poivre noir, eau — 1 c. à café / 1 L (assaisonnement et cuisson)
Préparation
- Faire dessaler la viande salée 2 à 3 h dans l'eau froide, en changeant l'eau une fois.
- Détailler la viande en gros dés, émincer les oignons.
- Faire revenir la viande puis les oignons dans une cocotte.
- Couvrir d'eau, ajouter les pommes de terre en morceaux, mijoter 40 min à couvert.
- Émietter les crackers ou le pain dur dans le ragoût pour l'épaissir, poivrer largement et servir brûlant en gamelle.
Comment on faisait : À bord, on n'avait ni four ni place : tout se faisait au "galley", le grand fourneau de cuivre, dans d'immenses chaudrons. Le biscuit de mer, cuit deux fois pour chasser toute humidité, se gardait des années — quitte à le taper sur la table pour en déloger les charançons avant de l'émietter dans la soupe.
Le twist contemporain : Servi dans une gamelle en fer-blanc avec un biscuit posé en travers comme une planche, façon "mess de marin" — un clin d'œil aux quarts de nuit.
Sources : J. C. Beaglehole (éd.), The Journals of Captain James Cook on his Voyages of Discovery · Janet Macdonald, Feeding Nelson's Navy: The True Story of Food at Sea in the Georgian Era
James Cook · Charactorium