Croque-monsieur du Flore
Deux tranches de pain de mie grillées, jambon et gruyère fondu, gratinées au four. Le sandwich chaud du Parisien pressé, croustillant dehors, coulant dedans.
Deux tranches de pain de mie grillées, jambon et gruyère fondu, gratinées au four. Le sandwich chaud du Parisien pressé, croustillant dehors, coulant dedans.
Quand on écrit dix heures d'affilée, il vient un moment où le corps réclame son dû, et l'esprit n'a pas le loisir d'attendre un vrai repas. Alors je commandais ce sandwich qui « croque » sous la dent — du pain, du jambon, du fromage qui file — et l'on repartait. C'est cela, l'engagement du Parisien de mon temps : manger debout ou presque, sans cérémonie, et garder l'essentiel pour la conversation. Tu verras, c'est moins un plat qu'une parenthèse entre deux idées.
- •Pain de mie — 4 tranches (base)
- •Jambon blanc — 2 tranches (garniture)
- •Gruyère — une bonne poignée râpée (fondant)
- •Beurre — selon le goût (dorure)
- •Lait, farine, beurre — pour une béchamel (liant crémeux (optionnel))
Croque-monsieur du Flore
Deux tranches de pain de mie grillées, jambon et gruyère fondu, gratinées au four. Le sandwich chaud du Parisien pressé, croustillant dehors, coulant dedans.
Pourquoi ce plat ? Né dans un café du boulevard des Capucines vers 1910, le croque-monsieur règne sur les cafés où Sartre vivait. En-cas chaud par excellence quand la faim coupe l'écriture sans qu'on veuille perdre sa table.
Quand on écrit dix heures d'affilée, il vient un moment où le corps réclame son dû, et l'esprit n'a pas le loisir d'attendre un vrai repas. Alors je commandais ce sandwich qui « croque » sous la dent — du pain, du jambon, du fromage qui file — et l'on repartait. C'est cela, l'engagement du Parisien de mon temps : manger debout ou presque, sans cérémonie, et garder l'essentiel pour la conversation. Tu verras, c'est moins un plat qu'une parenthèse entre deux idées.
Ingrédients (version d’époque)
- Pain de mie — 4 tranches (base)
- Jambon blanc — 2 tranches (garniture)
- Gruyère — une bonne poignée râpée (fondant)
- Beurre — selon le goût (dorure)
- Lait, farine, beurre — pour une béchamel (liant crémeux (optionnel))
Ingrédients
- Pain de mie — 4 tranches épaisses (base)
- Jambon blanc — 2 tranches (garniture)
- Gruyère ou comté râpé — 120 g (fondant)
- Beurre — 20 g (dorure)
- Lait — 200 ml (béchamel)
- Farine — 20 g (béchamel)
- Noix de muscade — une râpée (parfum)
Préparation
- Préparer une béchamel rapide : fondre le beurre, ajouter la farine, puis le lait en fouettant ; saler, poivrer, muscader jusqu'à épaississement.
- Beurrer légèrement les tranches de pain et les toaster brièvement.
- Garnir une tranche de jambon, d'un peu de béchamel et de gruyère, refermer.
- Étaler le reste de béchamel sur le dessus, couvrir de gruyère râpé.
- Passer au four à 200 °C (ou sous le gril) jusqu'à ce que le dessus soit doré et coulant. Servir brûlant.
Comment on faisait : Le croque-monsieur apparaît sur les cartes des cafés parisiens autour de 1910 ; on le retrouve même cité par Proust en 1918. À l'origine il se faisait simplement pain-jambon-fromage pressé et grillé ; la béchamel sur le dessus s'est imposée plus tard pour le fondant.
Le twist contemporain : Posez un œuf au plat dessus et il devient « croque-madame » — le chapeau de fromage gratiné devient son couvre-chef.
Jean-Paul Sartre · Charactorium