La carte de Jean Racine
Deuxième service — rôt

Chapon rôti, sauce au verjus

FestifReconstitution🧂 🍋moyen1 h 45

Un beau chapon doré à la broche, sa peau croustillante, nappé d'une sauce courte au verjus et au beurre. C'est le plat d'apparat des dimanches et des jours de fête, celui qu'on apporte avec cérémonie au second service.

Deuxième service — rôt

Un beau chapon doré à la broche, sa peau croustillante, nappé d'une sauce courte au verjus et au beurre. C'est le plat d'apparat des dimanches et des jours de fête, celui qu'on apporte avec cérémonie au second service.

Ah, voici un mets digne d'une table où l'on reçoit ! À la cour, on m'a servi le chapon doré à point, la peau craquante sous la dent. Le secret, je vous l'assure, tient tout dans la sauce : on déglace les sucs du rôt d'un trait de verjus — ce jus de raisin vert qui pique sans brûler — et l'on monte le tout d'un bon morceau de beurre. Gardez-vous des épices à l'excès, qui sentent leur vieux temps ; un soupçon d'aigre-doux suffit à relever la chair. C'est là tout l'art de notre siècle : la mesure dans la magnificence.
Jean Racine
Ingrédients
  • Chapon (ou belle volaille engraissée)une pièce (viande de fête, rôtie à la broche)
  • Barde de lardquelques bardes (garde la chair moelleuse à la cuisson)
  • Verjusun demi-gobelet (acidité de la sauce, signature)
  • Beurre fraisun bon morceau (lie et adoucit la sauce)
  • Bouquet d'herbes (thym, persil, laurier)un petit bouquet (parfum du rôt)
  • Selà discrétion (assaisonnement)
Comment on faisait : Au Grand Siècle, les viandes se cuisaient à la broche devant le feu, le tournebroche étant souvent confié à un enfant ou à un mécanisme à poids. Le chapon — jeune coq castré et engraissé — était la volaille de prestige des grandes occasions. Le verjus, omniprésent dans les cuisines, jouait le rôle que tient aujourd'hui le citron ou le vinaigre fin.
Sources : François Pierre de La Varenne, Le Cuisinier françois, 1651 · Nicolas de Bonnefons, Les Délices de la campagne, 1654

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