La carte de Jean Racine
Premier service — potage

Potage aux herbes de Port-Royal

QuotidienReconstitution🧂 🍄facile20 min

Un potage humble et réconfortant : des croûtes de pain rassis qu'on laisse gonfler dans un bouillon clair, relevées d'oseille, de cerfeuil et d'un peu de beurre. C'est le déjeuner ordinaire d'une maison parisienne sérieuse, à mi-chemin entre la rigueur du couvent et le confort bourgeois.

Premier service — potage

Un potage humble et réconfortant : des croûtes de pain rassis qu'on laisse gonfler dans un bouillon clair, relevées d'oseille, de cerfeuil et d'un peu de beurre. C'est le déjeuner ordinaire d'une maison parisienne sérieuse, à mi-chemin entre la rigueur du couvent et le confort bourgeois.

Sachez, mon hôte, que l'enfance m'a appris à priser ce qui est sobre. Chez mes maîtres de Port-Royal, point de viandes en montagne ni de sauces savantes : un bon bouillon, quelques croûtes de pain qu'on y laissait fondre, et de ces herbes que le frère jardinier coupait au matin. On mettait l'oseille pour la pointe d'aigreur, le cerfeuil pour la grâce, et une noix de beurre frais pour adoucir le tout. Croyez-moi, l'esprit travaille mieux sur un estomac ainsi contenté que sur les excès d'une table chargée.
Jean Racine
Ingrédients
  • Bouillon de chair (volaille ou bœuf)une bonne potée (base savoureuse du potage)
  • Pain rassis en croûtesquelques tranches (donne le corps, boit le bouillon)
  • Oseilleune poignée (pointe d'acidité fraîche)
  • Cerfeuilquelques brins (parfum herbacé délicat)
  • Beurre fraisune noix (liaison et douceur)
  • Selà discrétion (assaisonnement)
Comment on faisait : Le potage est, au XVIIe siècle, le pilier de chaque repas — au point que « souper » signifie d'abord « prendre la soupe ». Les maisons modestes comme les couvents jansénistes en faisaient leur ordinaire, le pain rassis servant à la fois de liant et à ne rien gaspiller. L'oseille, herbe acidulée du potager, était l'un des ingrédients favoris de la nouvelle cuisine française naissante.
Sources : François Pierre de La Varenne, Le Cuisinier françois, 1651 · Jean-Louis Flandrin, Chronique de Platine. Pour une gastronomie historique, 1992